ARTÉMIS - ESPACE DE SOIN RELATIONNEL
Health Education
Ateliers et espaces de travail autour du corps, des relations, du vivant et des récits qui façonnent nos existences.Une approche du soin attentive aux liens qui nous constituent, à la vulnérabilité humaine et aux manières d'habiter ensemble les lieux, les communautés et le vivant dont nous dépendons.Un espace de présence, de sens et de santé pour prendre soin de ce qui nous relie.

Le nom d'Artémis nous vient des récits grecs anciens.Artémis y apparaît comme une figure des lisières, attentive aux naissances, aux transformations et aux équilibres fragiles entre l'humain et les forces du vivant. Sa présence marque moins une autorité qu'une manière d'habiter les seuils, de demeurer auprès de ce qui se transforme sans chercher à le maîtriser.Si ce nom ouvre ce travail, c'est pour indiquer une orientation. Le soin anthropologique ne cherche ni à corriger un individu ni à optimiser une performance. Il s'intéresse à la manière dont un être humain habite son existence, avec sa vulnérabilité, ses attachements, ses relations et sa capacité de conscience.L'existence humaine ne se laisse pas réduire à une seule dimension. Elle se déploie dans une chair exposée au monde, affectée par les saisons, les rythmes, les fatigues et les élans du vivant. Elle se tisse dans les liens qui nous constituent, dans les lieux qui nous façonnent, dans les récits qui nous orientent, dans les épreuves qui nous déplacent et dans les rencontres qui nous transforment.Elle est également une expérience de mémoire, de transmission et de responsabilité. Aucun être humain ne se construit seul. Chacun hérite d'un monde déjà là, composé de relations, de paysages, de langues, de récits, de communautés humaines et de formes de vie qui le précèdent et le dépassent.Artémis rappelle cette attention. Elle désigne un lieu où l'on peut prendre le temps d'explorer ce qui nous relie, ce qui nous soutient, ce qui nous fragilise et ce qui donne consistance à une existence. Le soin se situe dans cet accompagnement attentif qui respecte l'épaisseur de l'expérience humaine, sa part de mystère, sa vulnérabilité constitutive et son inscription dans le monde vivant.Artémis est ainsi un espace de soin relationnel, de création et d'enquête sur les liens qui nous constituent, afin de soutenir les conditions d'une existence plus consciente, plus habitée et plus habitable.


FAIRE HUMANITÉ ENSEMBLE PAR L'ÉCOBIOGRAPHIE RELATIONNELLEL'écobiographie relationnelle est une pratique en cours de développement au sein d'ARTÉMIS.Cette pratique est née d'une interrogation à la fois anthropologique, clinique, écologique et citoyenne : comment habiter un monde devenu plus difficile à habiter ?Les difficultés rencontrées aujourd'hui par de nombreuses personnes ne peuvent être comprises uniquement à partir de leur histoire individuelle. Elles s'inscrivent également dans une fragilisation plus large des liens qui rendent la vie possible : liens aux autres, liens aux lieux, liens au vivant, liens aux communautés, liens au sens, liens au corps.Isolement social, perte des appartenances, sentiment d'impuissance, dégradation des milieux de vie, souffrance psychique, atteintes à la santé humaine et environnementale témoignent d'une même question : celle des conditions d'habitabilité de nos existences.L'écobiographie relationnelle propose d'enquêter sur ces conditions d'habitabilité à partir des relations qui nous constituent.Elle considère qu'une existence humaine ne se construit jamais seule. Chacun de nous est porté par un ensemble de relations avec d'autres personnes, des lieux, des paysages, des récits, des institutions, des communautés humaines et d'autres vivants. Ces relations rendent notre existence possible, influencent notre santé, orientent nos manières de vivre et participent à la construction des mondes que nous habitons collectivement.L'enjeu n'est donc pas seulement de raconter une histoire personnelle. Il s'agit de comprendre les formes de vie auxquelles nous participons, les attachements qui les soutiennent, les vulnérabilités qui les traversent et les conditions qui permettent à celles-ci de demeurer habitables pour les humains comme pour les autres vivants.◆ La vulnérabilité comme condition communeL'écobiographie relationnelle part de l'idée que la vulnérabilité n'est pas une anomalie dont il faudrait se débarrasser.Elle constitue l'une des conditions fondamentales de l'existence humaine.Nous dépendons des autres pour naître, grandir, apprendre, être soignés et transmettre. Nous dépendons également des milieux naturels, des ressources, des infrastructures, des institutions et des collectifs qui rendent nos vies possibles.Reconnaître cette vulnérabilité conduit à porter une attention particulière à ce qui soutient une existence et à ce qui risque de l'affaiblir.Cette réflexion s'inscrit notamment dans le sillage des travaux de Cynthia Fleury autour du soin, de l'habitabilité et de la Charte du Verstohlen, qui invite à identifier ce qui ne peut nous être volé parce que cela participe des conditions fondamentales d'une vie digne et habitable.◆ L'humain et la TerreL'écobiographie relationnelle s'appuie également sur une anthropologie de l'appartenance.La proximité symbolique entre Adam et adamah rappelle que l'humain n'est pas extérieur à la Terre mais qu'il en est issu et qu'il demeure lié à elle.Nos biographies sont toujours aussi des géographies.Elles sont faites de lieux habités, de paysages traversés, de saisons vécues, de jardins fréquentés, de chemins empruntés, de rencontres avec le vivant.Comprendre une existence suppose dès lors d'explorer les relations qui unissent les personnes aux milieux dans lesquels elles vivent.◆ Une ontologie de la relationL'écobiographie relationnelle considère que les êtres humains ne sont pas des individus isolés qui entreraient ensuite en relation.Ils existent d'emblée au sein de relations de dépendance, de réciprocité, d'attachement et de coopération.Dans cette perspective, l'enquête porte autant sur les liens que sur les personnes elles-mêmes.Elle cherche à rendre visibles les attachements qui composent une existence : les personnes qui comptent, les lieux qui façonnent, les récits qui orientent, les pratiques qui soutiennent, les vivants avec lesquels nous coexistons et les collectifs auxquels nous participons.Cette dimension s'inspire notamment des travaux de Bruno Latour, pour qui comprendre le monde suppose d'apprendre à décrire les réseaux de relations dont nous dépendons.◆ Santé, interdépendance et One HealthL'écobiographie relationnelle accorde une place centrale à la question de la santé.Elle s'inscrit dans la perspective One Health, qui reconnaît l'interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.La qualité de l'air, de l'eau, des sols, de l'alimentation, des paysages, des relations sociales et des conditions de vie influence directement la santé humaine.De même, les atteintes portées aux écosystèmes affectent les autres vivants et finissent par avoir des conséquences sur les communautés humaines.La santé apparaît ainsi comme une réalité relationnelle.Prendre soin de soi implique également de prendre soin des relations, des milieux et des collectifs dont dépend notre existence.L'enquête écobiographique cherche à rendre ces interdépendances perceptibles afin que chacun puisse mieux comprendre les conditions qui influencent sa santé et celle des autres vivants.◆ Les compétences d'habitabilitéL'un des objectifs de cette pratique est de développer des compétences d'habitabilité.Habiter ne consiste pas seulement à occuper un espace. Habiter suppose de pouvoir entrer en relation avec soi-même, avec les autres, avec les lieux et avec le vivant.Ces compétences concernent notamment :
● habiter son corps ;
● habiter ses relations ;
● habiter un territoire ;
● habiter une communauté ;
● habiter le vivant ;
● prendre part à la préservation des conditions qui rendent ces relations possibles.Les ateliers constituent des espaces où ces compétences peuvent être exercées, observées et approfondies.◆ Retisser les collectifsL'écobiographie relationnelle ne vise pas uniquement une transformation individuelle.L'enquête conduit progressivement à rencontrer des questions communes.Quelles sont les ressources dont dépend un territoire ?Quels lieux favorisent la rencontre ?Quels espaces méritent d'être protégés ?Quelles formes de solidarité doivent être renforcées ?Quelles vulnérabilités demeurent invisibles ?Quels communs rendent la vie collective possible ?Cette attention aux communs ouvre sur une réflexion concernant les formes de participation citoyenne et la capacité des personnes à prendre part aux décisions qui concernent leurs conditions de vie.L'un des enjeux de cette pratique consiste à soutenir un pouvoir de dire et un pouvoir d'agir.Pouvoir nommer ce qui affecte notre santé et notre qualité de vie.Pouvoir décrire les réalités auxquelles nous sommes attachés.Pouvoir faire entendre ce qui mérite d'être préservé, transformé ou défendu.Pouvoir participer à la construction de réponses collectives au sein des territoires, des institutions, des associations, des lieux de travail ou des communautés locales.L'écobiographie relationnelle cherche ainsi à contribuer à la constitution de collectifs capables de prendre soin des conditions d'habitabilité dont dépend la vie commune.◆ Une pratique d'enquêteLes ateliers proposés dans le cadre d'ARTÉMIS reposent sur une pratique d'enquête.Observer.Décrire.Marcher.Écrire.Raconter.Créer.Dialoguer.Mettre en commun.L'enquête ne porte pas uniquement sur l'histoire personnelle des participants. Elle s'intéresse également aux relations, aux lieux, aux milieux et aux formes de vie qui composent les mondes que nous habitons.Cette démarche invite à développer une qualité d'attention particulière.Prendre le temps de regarder.Observer avant d'interpréter.Décrire avant d'expliquer.Nommer avant de symboliser.Une plante n'est pas seulement le support d'un souvenir. Un arbre n'est pas uniquement une métaphore de l'enracinement. Un paysage ne se réduit pas à ce qu'il évoque en nous.Les êtres vivants, les lieux et les territoires possèdent leurs propres histoires, leurs temporalités, leurs manières d'exister et les relations qui les constituent.L'enquête écobiographique cherche ainsi à maintenir ensemble deux mouvements complémentaires : mieux comprendre ce qui nous a construits et apprendre à rencontrer ce qui existe devant nous sans le réduire immédiatement à nous-mêmes.Les pratiques proposées invitent à porter attention aux attachements qui composent une existence, mais aussi aux réalités concrètes avec lesquelles nous cohabitons. Elles interrogent les formes de vie auxquelles nous participons, les dépendances qui nous relient aux autres vivants et les conditions qui rendent nos mondes habitables.Les médiations utilisées peuvent mobiliser la présence corporelle, l'observation du vivant, la marche sensible, l'écriture, les récits, la création symbolique, la marionnette, le dialogue et différentes formes d'exploration collective.Il ne s'agit pas seulement de mieux se connaître. Il s'agit également d'apprendre à voir davantage, à décrire davantage et à faire davantage de place aux relations qui nous constituent comme aux altérités qui nous entourent.
◆ Un chantier en coursL'écobiographie relationnelle n'est pas une discipline constituée.Elle désigne un chantier de recherche et de pratique développé au sein d'ARTÉMIS.Elle se nourrit de la psychomotricité relationnelle, de la promotion de la santé, des soins verts, de l'approche One Health, de l'écologie intégrale, ainsi que des réflexions de Cynthia Fleury, Bruno Latour, Jean-Philippe Pierron, Arturo Escobar, Hartmut Rosa, Tim Ingold, Augustin Berque, Patrick Viveret, Kenneth White et de nombreux auteurs, praticiens, poètes et naturalistes qui interrogent les liens entre humains, territoires et monde vivant.Les ateliers, les expérimentations de terrain, les rencontres et les enquêtes menées avec les participants contribuent à faire évoluer cette pratique.L'écobiographie relationnelle demeure ainsi une recherche ouverte sur les relations qui nous constituent, sur les formes de vie auxquelles nous participons et sur les conditions qui permettent à un monde commun de rester habitable. Elle s'intéresse également aux formes d'attention qui permettent de reconnaître l'altérité du vivant et de faire place à ce qui existe au-delà de nous-mêmes.◆ Échanger autour de l'écobiographie relationnelleL'écobiographie relationnelle est une pratique actuellement en cours de construction au sein d'ARTÉMIS – Espace de soin relationnel.Elle s'appuie sur mon expérience de psychomotricienne, sur mon intérêt pour les questions de santé, de relation au vivant et d'habitabilité, ainsi que sur différentes influences issues de l'anthropologie, de la philosophie, de l'écologie et de la promotion de la santé.Les premiers ateliers proposés à l'Abbaye de Brialmont constituent l'un des espaces à partir desquels cette pratique commence à prendre forme.Les personnes, collectifs, associations, institutions, professionnels de la santé ou acteurs de terrain qui souhaitent découvrir cette démarche, en discuter ou explorer les questions qu'elle soulève sont les bienvenus pour prendre contact.Je suis particulièrement intéressée par les échanges autour des liens entre santé, vulnérabilité, habitabilité, relation au vivant, communs, psychomotricité, soins verts et dynamiques collectives.L'écobiographie relationnelle est pensée comme un chantier ouvert. Les rencontres, les dialogues, les expérimentations et les collaborations font partie intégrante de son développement.
ATELIERS DU 20 JUIN À BRIALMONT...ATELIERS D'ÉCOBIOGRAPHIE RELATIONNELLE« Il ne s'agira pas de parler de la nature, mais de se mettre dans la peau de vivants à qui la nature a parlé. »
Jean-Philippe PierronNous traversons une époque marquée par de profondes transformations. Les bouleversements écologiques, les mutations du travail, l'accélération des rythmes de vie, les fragilisations sociales et institutionnelles affectent nos manières d'habiter le monde autant qu'ils affectent nos corps, nos relations et notre santé.Beaucoup d'entre nous éprouvent une forme de fatigue qui ne prend pas toujours le visage d'une souffrance visible. Elle se manifeste parfois par un sentiment de dispersion, de décalage, d'isolement ou de perte de sens. Quelque chose semble manquer sans que nous sachions toujours le nommer.Peut-être que l'une des questions majeures de notre époque est finalement celle-ci :Comment habiter le monde ?Comment habiter son corps ?Comment habiter ses relations ?Comment habiter un territoire ?Comment habiter une communauté humaine ?Comment habiter une existence traversée par les incertitudes, les ruptures et les transformations contemporaines ?Les ateliers d'écobiographie relationnelle sont nés de cette interrogation.Ils proposent un espace où il devient possible de ralentir, de porter attention à ce qui nous constitue et d'explorer les multiples relations qui façonnent nos existences.L'écobiographie relationnelle part d'une idée simple : nous ne nous construisons jamais seuls.Nous sommes façonnés par les lieux que nous avons habités, les paysages qui nous ont marqués, les personnes que nous avons rencontrées, les récits qui nous ont accompagnés, les communautés auxquelles nous appartenons et les formes de vie qui nous entourent.Certains lieux continuent de nous habiter longtemps après les avoir quittés.Certaines rencontres demeurent présentes en nous.Certaines odeurs, certaines lumières, certains arbres, certains chemins ou certains gestes continuent de participer à notre manière de ressentir, d'espérer, de traverser les épreuves ou de trouver des appuis.Les ateliers invitent à revisiter ces liens souvent discrets mais essentiels.Non pour se tourner vers le passé avec nostalgie, mais pour mieux comprendre ce qui nous a construits, ce qui nous soutient aujourd'hui et ce qui mérite peut-être d'être transmis, protégé ou réinventé.Cette démarche s'inscrit dans une pratique de soin relationnel.Prendre soin ne consiste pas seulement à soulager une souffrance ou à résoudre un problème. C'est aussi prendre soin des relations qui rendent une existence habitable : relations aux autres, au corps, aux lieux, aux récits, aux communautés humaines et au vivant dont nous dépendons.Les ateliers s'inspirent notamment des réflexions développées autour de la Charte du Verstohlen (« Ce qui ne peut être volé »), qui nous invite à protéger ce qui demeure essentiel dans une époque marquée par l'accélération : l'attention, la présence, le silence, la créativité, la vulnérabilité, les relations et la capacité à prendre soin.Ils entrent également en dialogue avec l'écologie intégrale proposée par Laudato si', avec l'approche One Health et avec différents travaux consacrés à la question de l'habitabilité de nos existences et de nos territoires.Au fil des rencontres, les participants seront invités à vivre différentes expériences :◆ temps dans la nature ;◆ marche sensible ;◆ attention au souffle et au corps vécu ;◆ écriture écobiographique relationnelle ;◆ lectures et récits partagés ;◆ temps de parole et d'écoute ;◆ exploration des émotions et des affects ;◆ création symbolique à partir d'éléments naturels.Une place importante sera accordée à la création progressive d'une marionnette.Fabriquée au fil des ateliers à partir de matériaux simples et d'éléments naturels récoltés sur place, elle ne sera pas envisagée comme un objet artistique à réussir mais comme un personnage porteur d'une histoire, d'une mémoire, d'une sensibilité et d'une manière singulière d'habiter le monde.Au fil du cycle, les personnages créés entreront progressivement en dialogue. Ils permettront d'explorer certaines questions à partir d'une médiation symbolique : ce qui nous met en colère, ce qui nous inquiète, ce que nous avons perdu, ce que nous souhaitons préserver, transmettre ou voir advenir.Les marionnettes deviendront ainsi les porte-parole d'attachements, de vulnérabilités, de ressources et d'aspirations qui dépassent les expériences individuelles. Leur mise en relation contribuera progressivement à faire émerger une réflexion collective sur les conditions d'une vie plus habitable pour les humains comme pour l'ensemble du vivant.Les ateliers ne relèvent ni de la performance, ni du développement personnel, ni d'une recherche de résultat immédiat.Ils cherchent à ouvrir un espace où il devient possible d'observer, de ressentir, de décrire, de comprendre, de relier et parfois de se transformer.Les grandes transitions de nos existences ne passent pas seulement par de nouvelles idées.Elles passent aussi par des expériences qui modifient notre regard, notre manière de percevoir et notre façon d'habiter le monde.À qui s'adressent ces ateliers ?À toute personne qui ressent le besoin de ralentir, de retrouver des formes de présence et de réinterroger sa manière d'habiter le monde.Aucune compétence particulière n'est nécessaire.Seule compte l'envie de prendre part à l'expérience.Un cycle de dix ateliersLes ateliers sont conçus comme un parcours de dix rencontres progressives.Chaque atelier possède sa thématique propre, mais l'ensemble du cycle constitue une démarche cohérente qui se construit dans la durée.Les expériences vécues, les liens tissés au sein du groupe, la création progressive des marionnettes et la réflexion collective qui se développe au fil des rencontres invitent à une participation régulière.Le cycle est donc pensé comme une aventure collective dans laquelle chacun contribue à sa manière à la construction d'un espace commun.Informations pratiquesLes participants sont invités à venir avec un cahier personnel qui les accompagnera tout au long du cycle.Les ateliers se déroulent à l'Abbaye de Brialmont à Tilff.Premier atelier : samedi 20 juin 2026 de 13h30 à 17h00Inscription : [email protected]Tarif : 30 € par atelier + 3 € pour la collation.À verser sur le compte :BE98 2400 5488 1893
Abbaye Notre-Dame de BrialmontCommunication : Ateliers Artémis – 20 juinLa réservation de votre place est effective dès réception du paiement.Au plaisir de vous rencontrer,Jessica Devroye
Psychomotricienne – Health Education
Fondatrice d'ARTÉMIS – Espace de soin relationnel
ATELIERS PASSÉS...Traverser l’existenceCycle d’ateliers de soin anthropologique en distanciel (Zoom)Certains récits anciens traversent les siècles parce qu’ils portent des images fondamentales de l’expérience humaine.À partir de grands mythes issus des traditions sumérienne, grecque et égyptienne, ce cycle d’ateliers propose un espace pour explorer certaines expériences qui traversent toute vie humaine : la vulnérabilité, la blessure, la perte, le soin ou la transformation.Ces rencontres ne sont ni des conférences ni des formations.
Elles sont des espaces d’expérience où les récits mythologiques deviennent des manières de penser et d’habiter ce qui nous traverse.La démarcheChaque rencontre comprend :
• une mise en présence corporelle simple
• la lecture d’un récit mythologique
• un travail corporel inspiré notamment de la psychomotricité et du Tuina
• un temps de silence et d’intégrationCette démarche relève du soin anthropologique :
une manière d’accompagner certaines expériences humaines sans chercher à les effacer ni à les résoudre.Les ateliers peuvent être suivis séparément.Le cycleCe cycle traverse plusieurs grands récits mythologiques qui interrogent différentes dimensions de l’existence humaine : la relation à la nature, l’expérience de la blessure, la question du soin, les transformations profondes et la possibilité de recomposer une vie après la perte.Gilgamesh — Le Jardin et la ForêtL’un des récits les plus anciens de l’humanité.À travers la rencontre entre Gilgamesh et Enkidu, ce mythe interroge la relation entre l’être humain et la nature, l’expérience de l’amitié et l’éveil à la conscience de la mortalité.14 mars — 19h30 à 20h30_________Chiron — La blessureLa figure de Chiron ouvre la question de la blessure qui ne guérit pas.Que signifie vivre avec une blessure qui ne peut être réparée ?
Comment une vulnérabilité peut-elle devenir un lieu de connaissance et de transformation ?29 mars — 19h30 à 20h30__________Asclépios — Prendre soinLe mythe d’Asclépios interroge la naissance du soin.Que signifie prendre soin lorsque la blessure ne peut être effacée ?
Comment accompagner ce qui demeure fragile dans l’expérience humaine ?5 avril — 19h30 à 20h30_________Inanna — La descenteLe mythe sumérien d’Inanna raconte une descente dans les profondeurs.À travers le dépouillement progressif de la déesse, ce récit explore les expériences de perte, de transformation et de passage.19 avril — 19h30 à 20h30________Isis et Osiris — Après la perteLe mythe égyptien d’Isis et Osiris aborde la perte et la recomposition.Après la destruction et la dispersion du corps d’Osiris, Isis entreprend un travail patient de recherche et de rassemblement.
Ce récit interroge la possibilité de reconstruire une forme de vie après l’épreuve.3 mai — 19h30 à 20h30_______L’inscription est obligatoire.Pour toute information :
soin-anthropologique.carrd.coJessica Devroye
Espace de soin relationnel

REGARDS SUR LE VIVANT...Les graminéesJe ne sais pas exactement pourquoi les graminées me touchent autant.Peut-être parce qu'elles ne cherchent jamais à attirer le regard.On admire les roses, les pivoines ou les orchidées. Les graminées, elles, demeurent souvent à la lisière de notre attention. Pourtant, lorsqu'on prend le temps de s'arrêter, elles révèlent une beauté d'une étonnante délicatesse. Une architecture légère, presque aérienne, faite de tiges souples, d'inflorescences discrètes et de mouvements imperceptibles qui répondent au vent.J'aime les regarder se détacher sur le ciel.Elles me parlent d'une manière particulière d'habiter le monde. Elles ne cherchent pas à dominer l'espace. Elles composent avec lui. Elles poussent dans les interstices, accompagnent les chemins, colonisent les talus, les friches, les bords de route. Elles semblent discrètes, mais elles sont partout.Leur force n'est pas celle du chêne. Leur force est celle de la souplesse. Elles ploient sous la pluie, se courbent sous le vent, disparaissent parfois sous les herbes plus hautes, puis réapparaissent. Elles traversent les saisons sans bruit, fidèles à la terre qui les porte.Dans les ateliers d'écobiographie relationnelle, les graminées me rappellent souvent quelque chose de notre condition humaine. Nous nous imaginons parfois devoir être solides, performants, autonomes. Les graminées racontent une autre histoire. Elles nous rappellent que la vie se construit rarement dans l'isolement. Elle se tisse à travers des liens, des milieux, des attachements, des dépendances réciproques.Les graminées poussent rarement seules. Elles forment des ensembles, des peuplements, des prairies, des lisières. Leur existence est profondément relationnelle. Elles participent à des milieux dont elles ne peuvent être séparées. Elles me rappellent que nous aussi existons à travers les relations qui nous constituent : les lieux que nous habitons, les personnes que nous rencontrons, les récits qui nous accompagnent, les communautés auxquelles nous appartenons et les formes de vie dont nous dépendons.L'art a parfois su reconnaître cette beauté discrète. Dans La Grande Touffe d'herbes, Albrecht Dürer consacre toute son attention à ce que beaucoup auraient considéré comme insignifiant : quelques herbes sauvages poussant au bord d'un chemin. Ce qui me touche dans cette œuvre n'est pas seulement la précision du dessin. C'est le geste lui-même. Dürer accorde à ces herbes l'attention habituellement réservée aux grands sujets. Sous son regard, elles cessent d'être un décor. Elles deviennent un monde.Peut-être est-ce aussi l'une des tâches que nous avons aujourd'hui : apprendre à regarder autrement ce qui demeure à la périphérie de notre attention. Les lieux qui nous ont façonnés. Les relations qui nous soutiennent. Les formes de vie qui rendent nos existences possibles. Tout ce qui paraît ordinaire jusqu'au jour où l'on découvre que cela comptait davantage qu'on ne le pensait.Les traditions spirituelles accordent elles aussi une place particulière aux herbes. Dans la Bible, elles apparaissent souvent comme symbole de la fragilité de l'existence humaine : « Toute chair est comme l'herbe » (Isaïe 40,6). Mais cette image n'est pas seulement celle de l'éphémère. L'herbe est aussi ce qui nourrit, ce qui couvre la terre, ce qui revient chaque printemps. Elle participe à cette continuité du vivant qui traverse les générations.Lorsque je regarde une graminée danser dans le vent, j'ai parfois le sentiment qu'elle me rappelle quelque chose d'essentiel. La vie ne se réduit pas à ce que nous produisons, maîtrisons ou accomplissons. Elle se tisse aussi dans les relations qui nous portent, dans les lieux qui nous façonnent, dans les formes discrètes auxquelles nous prêtons enfin attention.Les graminées ne nous enseignent peut-être rien. Elles nous invitent simplement à regarder autrement.Et parfois, cela suffit pour réhabiter le monde.

PRENDRE SOIN DANS UN MONDE EN TRANSITIONLes ateliers Artémis s'inscrivent dans un contexte marqué par de profondes transformations sociales, écologiques, économiques et culturelles. Les bouleversements environnementaux, les mutations du travail, la fragilisation des liens sociaux, les crises sanitaires ou encore les incertitudes politiques ne constituent pas seulement des phénomènes extérieurs à nos existences. Ils affectent nos corps, nos manières d'habiter le monde, nos relations, nos institutions et nos capacités à nous projeter dans l'avenir.Ces transformations invitent à déplacer notre regard. La question n'est pas seulement de savoir comment résoudre des problèmes ou gérer des crises, mais d'interroger les conditions qui rendent nos vies habitables.Qu'est-ce qui soutient une existence humaine ?Quels liens nous permettent de vivre ?Quelles formes de soin rendent possible la continuité de la vie ?Que risquons-nous de perdre lorsque certains attachements disparaissent ou se fragilisent ?Les ateliers Artémis prennent appui sur l'approche One Health, qui met en évidence l'interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Cette perspective rappelle que la santé ne peut être réduite à une réalité individuelle ou médicale. Elle dépend également des milieux de vie, de la qualité des relations sociales, des territoires habités, des ressources disponibles et des formes de solidarité qui structurent une société.Cette compréhension rejoint une conception plus large du soin. Dans le prolongement des travaux de Joan Tronto, prendre soin ne signifie pas seulement réparer ce qui est abîmé. Le soin concerne l'ensemble des pratiques qui permettent de maintenir, soutenir et renouveler les conditions de la vie. Il engage les personnes, les communautés, les institutions et les milieux dont nous dépendons.Les ateliers proposent ainsi une exploration des liens qui nous constituent : liens aux autres, aux lieux, aux récits, aux générations qui nous précèdent, aux communautés auxquelles nous appartenons et au vivant dont nous faisons partie.Cette démarche s'appuie notamment sur l'écobiographie relationnelle, une pratique en cours de développement au sein d'Artémis. Celle-ci invite à enquêter sur les relations qui ont façonné nos existences et continuent de les soutenir. Elle ne s'intéresse pas seulement à l'histoire individuelle mais aux réseaux d'attachements dans lesquels chacun est inscrit.Quels lieux ont compté dans notre histoire ?Quels paysages nous ont transformés ?Quels êtres humains ou non humains ont contribué à faire de nous ce que nous sommes ?Quels récits continuent de nous orienter ?Dans le prolongement des travaux de Bruno Latour, cette enquête conduit à considérer que nous ne vivons jamais seuls. Nous existons toujours au sein d'un tissu de relations, de dépendances et de réciprocités qui rendent notre existence possible. L'enjeu devient alors de mieux comprendre ces attachements afin d'identifier ce qui mérite d'être protégé, transmis, transformé ou réinventé.Le travail proposé prend appui sur le corps vécu. Le corps constitue souvent le premier lieu où s'inscrivent les tensions contemporaines : fatigue, accélération, perte de repères, sentiment de dispersion ou d'impuissance. Mais il constitue également un lieu privilégié de réancrage, de perception et de présence.À travers l'attention corporelle, l'écriture, les récits, les explorations dans la nature, le travail avec les affects, la création symbolique et la marionnette, les participants sont invités à développer des capacités de description, d'écoute et d'enquête. Les émotions elles-mêmes deviennent des ressources pour comprendre ce à quoi nous tenons. La colère, la peur, la tristesse ou la joie peuvent être abordées comme des indicateurs de nos attachements, de nos vulnérabilités et de nos aspirations.Cette démarche ne vise ni l'adaptation passive à un monde en crise, ni l'élaboration d'un programme militant. Elle cherche à soutenir les capacités individuelles et collectives de compréhension, de discernement et d'action. Car toute transition durable suppose également une transformation de notre manière d'habiter le monde, de prendre soin de ce qui nous relie et de participer à la construction de formes de vie plus habitables.Les ateliers Artémis se situent à cette croisée : entre corps et territoire, entre vulnérabilité et puissance d'agir, entre mémoire et avenir, entre expérience intime et monde commun.Ils proposent un espace où peuvent être explorées les conditions d'une existence plus consciente, plus reliée et plus habitable pour les humains comme pour l'ensemble du vivant.
À QUOI S'ATTENDRE LORS D'UN ATELIER ?◆ Le cadre généralLes ateliers proposent un espace de soin relationnel, c'est-à-dire un espace où l'on porte attention aux liens qui nous constituent : liens au corps, aux émotions, aux autres, aux lieux, aux récits, aux communautés humaines et au vivant.Ils prennent appui sur une idée simple : nous ne nous construisons jamais seuls. Chacun de nous est façonné par des relations, des expériences, des rencontres, des paysages, des héritages et des formes de vie qui participent à notre manière d'habiter le monde.Dans un contexte où de nombreuses continuités se fragilisent - liens sociaux, liens au vivant, liens aux territoires, liens aux récits communs - les ateliers proposent un espace où il devient possible de ralentir, d'observer, d'écouter et d'explorer ce qui nous relie.Ces ateliers ne sont ni des ateliers thérapeutiques, ni des groupes de parole au sens clinique. Ils proposent une expérience à la fois corporelle, sensible, symbolique, créative et collective.◆ Ce que l'on y fait concrètementSelon les cycles et les thématiques abordées, les ateliers peuvent comprendre :• des temps de présence corporelle (respiration, appuis, attention au mouvement, perception du corps vivant) ;• des explorations dans la nature ou à partir de l'expérience des lieux qui ont compté dans nos vies ;• des temps d'écriture écobiographique relationnelle ;• la lecture de récits, de mythes ou de textes littéraires ;• la création de marionnettes à partir de matériaux simples et d'éléments naturels ;• des exercices d'attention aux émotions et aux affects ;• des temps d'écoute et de partage ;• des créations collectives permettant de faire dialoguer les différentes expériences du groupe.Il ne s'agit ni de produire une œuvre, ni d'atteindre un objectif particulier. L'enjeu est avant tout de faire expérience et de développer une attention plus fine à ce qui nous relie.◆Les émotions comme chemin d'explorationLa colère, la peur, la tristesse et la joie occupent une place importante dans la démarche.Elles ne sont pas considérées comme des obstacles à dépasser mais comme des indications précieuses sur ce à quoi nous tenons.Qu'est-ce qui nous met en colère ?Qu'avons-nous peur de perdre ?Qu'est-ce qui nous attriste ?Qu'est-ce qui nous donne de la joie, de la force ou de l'élan ?Ces questions permettent progressivement d'identifier les attachements, les vulnérabilités, les ressources et les aspirations qui traversent nos existences.◆ La marionnette comme médiatriceLa marionnette constitue l'une des médiations privilégiées du travail proposé.Fabriquée progressivement au fil du cycle, elle devient un personnage porteur d'une histoire, d'une mémoire, d'une sensibilité et d'une manière singulière d'habiter le monde.Elle permet d'aborder certaines questions avec davantage de liberté et de distance. Ce qui serait parfois difficile à dire directement peut être confié à un personnage.Au fil des rencontres, les marionnettes sont invitées à entrer en dialogue. Elles deviennent alors les porte-parole de préoccupations, d'attachements, de vulnérabilités et d'aspirations qui dépassent les expériences individuelles.◆ Ce que ces ateliers permettent• ralentir et retrouver une qualité de présence ;• mieux percevoir ses ressources et ses appuis ;• explorer les liens qui nous ont constitués ;• développer des capacités d'écoute, de description et d'expression ;• mettre en forme certaines expériences difficiles à nommer ;• retrouver des prises sur ce qui nous affecte ;• participer à la construction progressive d'un espace collectif où chacun peut contribuer à sa manière.◆ Ce que ces ateliers ne sont pas• ce ne sont pas des psychothérapies ;• ce ne sont pas des groupes de parole obligatoires ;• ce ne sont pas des cours théoriques ;• ce ne sont pas des ateliers artistiques visant une performance esthétique ;• ce ne sont pas des espaces où l'on doit raconter son histoire personnelle.Chacun participe à son rythme et dans le respect de ses limites.◆ Pour qui ?Ces ateliers s'adressent aux personnes qui souhaitent :• prendre un temps de recul ;• retrouver une qualité de présence à elles-mêmes, aux autres et au monde ;• explorer autrement certaines questions existentielles, écologiques ou relationnelles ;• développer leur créativité ;• réfléchir à leur place parmi les vivants ;• participer à une démarche collective fondée sur l'écoute, l'expérience et le partage.Aucun prérequis artistique, corporel ou intellectuel n'est nécessaire.◆ Le cadre de sécurité• confidentialité respectée ;• liberté de participation ;• respect des rythmes de chacun ;• possibilité d'observer sans intervenir ;• cadre clair et temps délimité ;• accompagnement attentif et non jugeant.◆ Une phrase pour résumerCes ateliers proposent une exploration des relations qui nous constituent - relations aux autres, aux lieux, aux récits, aux communautés humaines et au vivant - à travers le corps, les affects, la création, la marionnette et l'écobiographie relationnelle, afin de soutenir des manières plus conscientes, plus sensibles et plus habitables d'être au monde.

INTERVENTIONS EN MILIEU PROFESSIONNELLes interventions proposées par ARTÉMIS peuvent se déployer au sein d'institutions, d'équipes et de collectifs professionnels qui souhaitent prendre un temps d'arrêt pour réfléchir aux conditions humaines, relationnelles et collectives de leur activité.Les organisations contemporaines sont confrontées à de multiples tensions : accélération des rythmes, complexification des missions, perte de sens, épuisement professionnel, fragilisation des liens, transformations sociales, écologiques et institutionnelles. Dans ce contexte, les difficultés rencontrées ne relèvent pas uniquement des individus. Elles concernent également les collectifs, les modes d'organisation, les environnements de travail et les conditions d'habitabilité des institutions elles-mêmes.L'approche proposée s'inscrit dans une pratique de soin relationnel. Elle considère que les personnes, les équipes et les organisations se construisent au sein d'un ensemble de relations, d'attachements, de dépendances et de responsabilités partagées. Les difficultés professionnelles apparaissent alors non seulement comme des problèmes individuels, mais aussi comme l'expression de tensions qui traversent les collectifs, les missions, les territoires et les contextes dans lesquels ils s'inscrivent.Il ne s'agit ni d'une méthode de gestion du stress, ni d'un dispositif d'optimisation de la performance. Les interventions ouvrent un espace où peuvent être explorés les attachements qui soutiennent l'engagement, les vulnérabilités individuelles et collectives, les conflits de valeurs, les récits qui structurent une institution, les ressources qui permettent de traverser les épreuves et les conditions qui rendent une activité professionnelle plus habitable.Les dispositifs proposés peuvent mobiliser différents médiateurs :– présence corporelle ;– travail sur les émotions et les affects ;– écobiographie relationnelle ;– récits fondateurs et récits professionnels ;– écriture ;– création symbolique ;– marionnette ;– démarches d'enquête participative ;– dispositifs favorisant l'écoute, la description et la mise en dialogue.Une attention particulière est portée aux capacités collectives de dire, d'écouter, de décrire et d'agir ensemble. L'enjeu n'est pas seulement d'analyser des difficultés mais de permettre aux équipes de retrouver des prises sur ce qui les concerne, de rendre visibles leurs ressources et d'explorer de nouvelles possibilités d'action.Les interventions peuvent prendre différentes formes :– ateliers ponctuels ;– cycles thématiques ;– journées d'équipe ;– groupes de réflexion ou d'analyse de pratiques ;– accompagnements de projets ;– dispositifs de soutien aux dynamiques collectives ;– interventions autour des enjeux One Health, de la transition écologique, de la santé publique et de l'habitabilité des territoires.Chaque proposition est élaborée en dialogue avec la réalité singulière du lieu, son histoire, ses contraintes, ses ressources et les questions qui le traversent.L'objectif n'est pas d'apporter des réponses standardisées, mais de créer les conditions d'une réflexion partagée permettant aux personnes, aux équipes et aux institutions de prendre soin de ce qui les relie et de soutenir des manières plus conscientes, plus solidaires et plus habitables d'exercer leurs missions.
CYCLE D'ATELIERS - ABBAYE DE BRIALMONT (ANNULÉ)- De Chiron à saint Augustin -Bonjour à tous et à chacun,J’initie à l’abbaye de Brialmont, à Tilff, un cycle de quatre ateliers, intitulé " De Chiron à saint Augustin", qui se déploiera sur quatre samedis après-midi, de mars à avril.Ce cycle propose une traversée anthropologique et spirituelle à partir de grandes figures fondatrices, non comme des modèles à imiter, mais comme des figures de passage, capables d’éclairer nos propres expériences de blessure, d’épreuve, de déplacement intérieur et d’intériorité.Avec Chiron, le centaure blessé, nous entrons dans la question du soin. Chiron n’est pas celui qui guérit en effaçant la blessure, mais celui qui apprend à vivre avec ce qui demeure atteint, et à en faire un lieu de transmission. Il ouvre une réflexion essentielle sur le soin : non pas réparer à tout prix, mais reconnaître ce qui, en nous, est déchiré et pourtant porteur de sens.La figure d’Abraham nous conduit ensuite dans l’expérience du déplacement intérieur. Abraham est celui qui accepte de quitter des repères, des sécurités, des évidences, sans savoir d’avance où il va. Son chemin interroge notre rapport à l’appel, à la confiance, et à ce consentement intérieur qui précède toute transformation véritable.Avec Job, nous entrons au cœur de l’épreuve. Job ne cherche ni à expliquer ni à justifier la souffrance. Il la traverse, il la dit, il la crie parfois. Son récit ouvre un espace où la douleur peut être reconnue sans être niée ni spiritualisée trop vite. Job nous apprend à maintenir une parole vivante là même où le sens se fissure.Enfin, avec Augustin d'Hippone, le cycle s’ancre dans l’intériorité existentielle. Chez Augustin, la déchirure devient intérieure : l’âme est explorée comme un lieu habité par la mémoire, le désir, la faille et le temps. L’intériorité n’est pas un refuge abstrait, mais un espace de vérité, où l’humain consent à se laisser transformer.Ce cycle d’ateliers n’est ni un enseignement académique, ni une démarche thérapeutique au sens classique. Il s’agit d’un travail anthropologique et symbolique, où l’on explore comment ces récits anciens continuent de nous traverser aujourd’hui : dans nos blessures, nos déplacements intérieurs, nos épreuves et notre manière d’habiter le monde.L’abbaye de Brialmont offre un cadre propice à cette traversée : un lieu de silence, de profondeur et d’écoute, où le temps peut s’ouvrir autrement.Ce cycle s’adresse à celles et ceux qui sentent que leur chemin demande plus qu’une compréhension intellectuelle ou qu’une introspection psychologique, et qui souhaitent habiter ce qui, en eux, est déchiré — non pour le refermer trop vite, mais pour lui permettre de devenir lieu de sens.Heure et dates :
Samedis 7 & 21 mars
Samedis 11 & 25 avril
De 13H30 à 16H30
Lieu : Abbaye de Brialmont, Tilff
Infos et réservations : via mailBienvenue,Jessica
CHARTE DU SOIN RELATIONNELPréserver les conditions humaines de l'existence et du monde commun◆ Point de départ : une inquiétude relationnelle et anthropologiqueLe point de départ de ce travail n'est ni une méthode, ni un outil, ni une discipline particulière.Il naît d'une inquiétude : celle de voir les personnes, les collectifs et les institutions progressivement réduits à leurs fonctions, à leurs performances ou à leurs résultats, au détriment de ce qui fait la richesse et la complexité de l'expérience humaine.Cette réduction n'est pas le fruit d'une intention malveillante. Elle résulte souvent de logiques d'organisation fondées sur l'efficacité, la mesure, la gestion des risques et l'accélération des rythmes de vie.Dans ce contexte, ce qui ne se quantifie pas facilement tend à disparaître du champ de l'attention : les expériences vécues, les attachements, les vulnérabilités, les récits, les dimensions symboliques de l'existence, les questions de sens, les relations qui soutiennent la vie.Lorsque ces dimensions ne trouvent plus de lieu où être reconnues, mises en mots ou partagées, les personnes comme les collectifs se fragilisent.La démarche développée au sein d'ARTÉMIS cherche à préserver ces espaces de relation, de symbolisation, de transmission et de réflexion qui permettent aux êtres humains de demeurer pleinement présents à eux-mêmes, aux autres et au monde.◆ Une conception relationnelle de l'existence humaineCette démarche repose sur une conviction simple : nous ne nous construisons jamais seuls.L'être humain n'existe pas comme un individu isolé qui entrerait ensuite en relation avec les autres. Dès son origine, il est constitué par un ensemble de liens, d'attachements, de dépendances et de transmissions qui rendent son existence possible.Nous sommes façonnés par nos relations familiales, nos rencontres, les lieux que nous habitons, les communautés auxquelles nous appartenons, les récits qui nous accompagnent, les langues que nous parlons, les institutions qui nous accueillent et les formes de vie qui nous entourent.Prendre soin de l'humain revient alors à prendre soin de ces relations.Cette perspective rejoint les réflexions contemporaines sur la relationnalité, selon lesquelles les êtres, les communautés et les territoires se constituent mutuellement au sein d'un tissu d'interdépendances dont aucun élément ne peut être entièrement séparé.◆La vulnérabilité comme condition humaine communeLa vulnérabilité n'est pas une anomalie de l'existence humaine. Elle en constitue l'une des conditions fondamentales.L'être humain naît dépendant. Il ne survit, ne grandit, n'apprend à parler, à penser ou à habiter le monde qu'à travers les relations qui le portent.Cette vulnérabilité première n'est pas un défaut qu'il faudrait dépasser. Elle est le socle même de notre condition commune.À ce titre, le soin n'apparaît pas comme une activité exceptionnelle destinée à réparer des situations particulières. Il constitue une dimension ordinaire de toute vie humaine.Comme l'a montré Joan Tronto, le care désigne l'ensemble des activités par lesquelles nous maintenons, soutenons et réparons notre monde afin de pouvoir y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nos proches, nos institutions, nos communautés et les milieux vivants dont nous dépendons.Cependant, cette vulnérabilité commune ne se distribue jamais de manière égale. Certaines fragilités sont reconnues et soutenues ; d'autres demeurent invisibles, silencieuses ou stigmatisées.Dans le prolongement des travaux de Cynthia Fleury, cette démarche cherche à rendre perceptibles ces vulnérabilités afin de mieux comprendre ce qui soutient ou fragilise les conditions d'une existence habitable.◆Une posture non morale et non prescriptiveCette approche ne repose pas sur une logique de prescription morale.Elle ne cherche pas à dire aux personnes ce qu'elles devraient penser, ressentir ou faire.Elle ne vise ni à culpabiliser, ni à imposer une norme de comportement.Son ambition est plus modeste et plus exigeante à la fois : ouvrir des espaces où il devient possible d'observer, de décrire, de comprendre et de mettre en relation ce qui nous traverse.Elle cherche moins à produire des réponses qu'à soutenir une qualité d'attention et de présence permettant à chacun d'élaborer sa propre manière d'habiter le monde.◆ Le rôle des récits, du symbolique et de la créationLes récits fondateurs, les mythes, les œuvres littéraires, les pratiques créatives et les formes symboliques occupent une place importante dans cette démarche.Ils ne sont pas mobilisés comme des vérités à transmettre ou comme des objets d'étude.Ils constituent des médiateurs qui permettent d'aborder certaines expériences humaines fondamentales : la perte, la transmission, l'amitié, la peur, la transformation, la finitude, la relation au vivant ou la construction d'un monde commun.Les récits offrent des formes de langage là où les mots manquent parfois.Ils permettent de relier les expériences singulières à une mémoire plus vaste que nous-mêmes.◆ Une attention portée à l'habitabilité du mondeCette démarche s'inscrit également dans une réflexion sur les conditions d'habitabilité de nos existences.La santé humaine ne peut être pensée indépendamment des milieux dans lesquels elle se déploie.Les liens aux territoires, aux paysages, aux institutions, aux communautés humaines et au vivant participent pleinement de notre équilibre et de notre capacité à vivre.Cette perspective rejoint les approches développées autour du care, de l'écologie relationnelle, de l'écobiographie relationnelle et du cadre One Health, qui rappellent l'interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes.L'enjeu n'est pas seulement de préserver des individus, mais de prendre soin des relations qui rendent la vie possible.◆ Une pratique transversaleCette démarche peut se déployer dans de nombreux contextes :– institutions de soin ;– structures éducatives ;– universités ;– associations ;– collectifs citoyens ;– projets territoriaux ;– dispositifs de santé publique ;– espaces de formation et d'accompagnement professionnel.Les formes varient selon les contextes, mais l'intention demeure la même : soutenir les capacités de relation, de présence, de transmission et de coopération qui permettent aux personnes et aux collectifs de demeurer pleinement humains.◆ Finalité : prendre soin de ce qui nous relieLa finalité de ce travail pourrait se résumer simplement :▸ Prendre soin de ce qui nous relie.▸ Prendre soin des relations qui nous constituent.▸ Prendre soin des vulnérabilités qui nous rendent humains.▸ Prendre soin des récits, des lieux, des communautés et des formes de vie qui rendent nos existences habitables.Il ne s'agit ni de réparer les individus, ni de sauver le monde.Il s'agit de créer des espaces où les personnes et les collectifs peuvent retrouver des appuis, élaborer du sens, développer leur capacité d'agir et participer à la construction d'un monde commun plus habitable.Jessica Devroye
Psychomotricienne – Health Education
Fondatrice d'ARTÉMIS – Espace de soin relationnel

SOIN RELATIONNEL, ÉDUCATION À LA SANTÉ ET ONE HEALTHPour une approche relationnelle, anthropologique et spirituelle du vivantPréambuleL'approche One Health a le mérite essentiel de rappeler l'interdépendance profonde entre la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes. Elle constitue aujourd'hui un cadre précieux pour penser les enjeux sanitaires, écologiques et sociaux auxquels nos sociétés sont confrontées.Cette perspective nous invite à dépasser une vision fragmentée de la santé. Elle rappelle que les humains, les animaux et les milieux de vie participent d'un même tissu de relations dont dépend la possibilité même de la vie.Cependant, cette interdépendance est parfois pensée principalement à partir de dimensions biologiques, épidémiologiques ou environnementales. Si ces dimensions sont essentielles, elles ne suffisent pas à épuiser la question de l'expérience humaine.L'être humain ne se caractérise pas uniquement par son appartenance au vivant. Il se distingue également par sa capacité à faire expérience de cette appartenance, à la mettre en récit, à la symboliser, à la transmettre et à lui donner sens.C'est dans cet espace que se situe la réflexion développée au sein d'ARTÉMIS.◆ Une anthropologie relationnelle du vivantL'approche proposée s'inscrit dans une conception relationnelle de l'existence humaine.L'être humain ne peut être compris comme un individu autonome et séparé du monde. Il se constitue au sein d'un ensemble de relations avec d'autres humains, avec les territoires qu'il habite, avec les récits qui le précèdent et avec les multiples formes du vivant dont il dépend.Cette perspective rejoint à la fois les réflexions contemporaines sur la relationnalité et les intuitions présentes dans de nombreuses traditions philosophiques, spirituelles et médicinales.L'humain n'est pas seulement un organisme vivant parmi d'autres. Il est aussi un être capable de conscience réflexive, de langage symbolique, de mémoire, de transmission et de responsabilité.Son lien au vivant ne se réduit donc ni à une continuité biologique, ni à une position de domination. Il prend la forme d'une participation consciente à un monde de relations dont il est à la fois héritier et dépositaire.◆ Vulnérabilité, interdépendance et careL'expérience humaine est fondamentalement marquée par la vulnérabilité.Nous naissons dépendants. Nous grandissons grâce aux soins reçus. Nous demeurons tout au long de notre existence tributaires d'un ensemble de relations, de milieux et de soutiens sans lesquels aucune vie humaine ne serait possible.Cette vulnérabilité ne constitue pas une faiblesse à corriger. Elle est le signe même de notre interdépendance.Dans cette perspective, prendre soin ne consiste pas uniquement à traiter une maladie ou à prévenir un risque. Il s'agit également de maintenir, soutenir et réparer les relations qui rendent la vie possible.Les enjeux de santé deviennent alors indissociables des questions de territoire, de communauté, de justice sociale, d'environnement, de transmission et de qualité des liens.◆ Habiter le vivantLa question centrale devient alors celle de l'habitabilité.Comment habiter le monde ?Comment habiter les territoires dont nous dépendons ?Comment habiter nos relations ?Comment habiter notre condition de vivant parmi les vivants ?Cette interrogation traverse à la fois les enjeux écologiques contemporains et les expériences les plus ordinaires de l'existence.La santé n'apparaît plus seulement comme l'absence de maladie mais comme une capacité à prendre part à un monde de relations, à y trouver des appuis, à y exercer une responsabilité et à y inscrire son existence.◆ Au-delà de la conservationLes discours contemporains sur l'écologie reposent souvent sur un imaginaire de la préservation et de la conservation.Ces dimensions sont nécessaires.Cependant, les grands récits fondateurs de l'humanité rappellent également que toute existence est traversée par la transformation, la perte, la transmission et le renouvellement.La vie n'est pas seulement conservation.Elle est aussi passage.Dans cette perspective, l'enjeu n'est pas de nier la finitude mais d'apprendre à l'habiter.La santé devient alors une capacité à traverser les épreuves, à transformer les ruptures en expérience et à inscrire son existence dans une continuité plus vaste que soi.## Une pratique de l'inscriptionLe travail développé au sein d'ARTÉMIS ne repose ni sur la prescription morale ni sur la culpabilisation.Il s'inscrit dans le champ de l'expérience vécue.À travers le corps, les récits, l'écobiographie relationnelle, la parole, la création symbolique et la marionnette, les participants sont invités à explorer les liens qui les constituent et les relations qui rendent leur existence habitable.Il ne s'agit pas d'enseigner des comportements responsables ni de transmettre une doctrine.L'enjeu est de permettre une expérience plus consciente des interdépendances qui nous relient aux autres, aux territoires, aux communautés humaines et au vivant.◆ ConclusionCette démarche ne s'oppose pas à One Health.Elle cherche à en approfondir certaines dimensions anthropologiques, relationnelles et spirituelles.Elle considère que la santé humaine, la santé des animaux et la santé des écosystèmes sont profondément liées, mais que cette interdépendance ne peut être pleinement habitée sans prendre en compte les dimensions symboliques, narratives, relationnelles et existentielles de l'expérience humaine.Son ambition n'est ni de sauver le monde ni de proposer un modèle universel.Elle cherche plus modestement à contribuer à des manières plus conscientes, plus responsables et plus habitables d'être vivant parmi les vivants.
CORPS, CRÉATIVITÉ ET MOTS◆ Prendre soin dans la traversée du burn-outLe burn-out n'est pas seulement un épuisement.Il est souvent l'expérience d'une rupture profonde qui affecte à la fois le corps, les relations, le rapport au travail, au temps, au sens et à soi-même.Ce qui vacille alors ne relève pas uniquement de la fatigue ou du stress. C'est parfois toute une manière d'habiter le monde qui devient difficile à soutenir.Les repères se brouillent. Ce qui semblait aller de soi perd de son évidence. Les ressources qui permettaient jusque-là de tenir ne suffisent plus.Dans cette traversée, le soin ne peut se réduire à une réparation fonctionnelle ni à un retour rapide à la performance.Il s'agit d'abord de créer un espace où l'expérience peut être accueillie, reconnue et traversée sans être immédiatement transformée en problème à résoudre.◆ Le corps comme lieu d'expérienceDans le burn-out, le corps occupe une place centrale.Fatigue persistante, tensions, douleurs diffuses, troubles du sommeil, perte d'élan ou sentiment de vide rappellent souvent que quelque chose ne peut plus être porté de la même manière.Le corps n'apparaît pas ici comme une machine défaillante qu'il faudrait remettre en état.Il est envisagé comme un lieu d'expérience, de mémoire et de relation.À travers lui s'inscrivent les rythmes de vie, les contraintes professionnelles, les attentes intériorisées, les engagements, les conflits et les attachements qui traversent une existence.Les propositions corporelles présentes dans les ateliers — respiration, attention au mouvement, ancrage, écoute des sensations, marche sensible — visent moins à obtenir un résultat qu'à restaurer une qualité de présence.Il s'agit de retrouver progressivement une relation plus ajustée à soi-même et à ses limites.◆ La créativité comme ressource de transformationLorsque les repères habituels s'effondrent, il devient parfois difficile de penser son expérience uniquement à travers l'analyse ou l'explication.La créativité ouvre alors un autre chemin.Non parce qu'elle apporterait des solutions immédiates, mais parce qu'elle permet de donner forme à ce qui demeure encore confus, diffus ou difficile à nommer.Dessiner, écrire, fabriquer, imaginer, raconter ou créer une marionnette deviennent autant de manières d'explorer une expérience sans devoir immédiatement la comprendre.La créativité constitue ici une fonction essentielle de l'existence humaine. Elle permet de transformer une épreuve en expérience partageable et de faire émerger progressivement de nouvelles possibilités d'habiter le monde.◆ Les mots comme espace d'élaborationDans les périodes d'épuisement, les mots peuvent manquer.Parfois ils semblent insuffisants.Parfois ils se multiplient sans parvenir à saisir ce qui est vécu.Les ateliers proposent un rapport différent à la parole.Il ne s'agit ni d'analyser systématiquement les expériences ni de produire des explications.Les récits, les textes littéraires, les mythes, les temps d'écriture et les échanges permettent plutôt d'ouvrir un espace où certaines expériences peuvent être approchées, mises en forme ou simplement déposées.Les mots ne sont jamais une obligation.Ils demeurent une possibilité parmi d'autres.◆ Burn-out, vulnérabilité et relationLe burn-out rappelle souvent une réalité que nos sociétés peinent parfois à reconnaître : la vulnérabilité fait partie de la condition humaine.Nous ne pouvons pas tout porter.Nous ne pouvons pas répondre à toutes les attentes.Nous dépendons d'un ensemble de relations, de soutiens et de ressources qui rendent notre existence possible.Dans cette perspective, la question n'est pas seulement : « Comment aller mieux ? »Elle devient aussi :Comment prendre soin de ce qui nous soutient ?Comment reconnaître nos limites ?Comment retrouver des appuis ?Comment reconstruire des relations plus vivables avec nous-mêmes, avec les autres et avec notre activité professionnelle ?◆ Un espace pour traverserLes ateliers proposés ne remplacent ni un suivi médical ni un accompagnement psychothérapeutique.Ils offrent un espace complémentaire où il devient possible de ralentir, de retrouver une qualité de présence et d'explorer autrement ce qui a été éprouvé.L'enjeu n'est pas de redevenir la personne que l'on était auparavant.Il s'agit plutôt d'accompagner un processus de transformation, parfois lent, parfois inconfortable, à travers lequel de nouvelles manières d'habiter son corps, ses relations, son travail et son existence peuvent progressivement émerger.Corps, créativité et mots deviennent alors trois appuis pour traverser l'épreuve :– le corps, pour retrouver un lien avec le vivant ;– la créativité, pour ouvrir des possibles là où tout semble figé ;– les mots, pour accompagner l'expérience sans l'enfermer.Prendre soin, dans cette perspective, ne signifie pas retrouver rapidement sa capacité de produire.Cela signifie apprendre à demeurer présent à ce qui est vécu et retrouver progressivement des conditions d'existence plus habitables.Jessica Devroye
Fondatrice d'ARTÉMIS – Espace de soin relationnel
LA MARIONNETTE COMME PRATIQUE DE SOIN ANTHROPOLOGIQUE ET DE RÉSISTANCE À LA DÉSINSCRIPTION HUMAINEMa pratique professionnelle s'inscrit à la croisée de la psychomotricité, du récit, du mythe, de la création symbolique et de l'écobiographie relationnelle. Elle ne relève ni de l'art-thérapie au sens clinique, ni de l'animation culturelle, ni de l'enseignement artistique au sens strict.Elle s'inscrit dans une démarche de soin anthropologique : une pratique qui vise à soutenir les conditions d'inscription de l'être humain dans le monde, dans les relations, dans les récits, dans les communautés humaines et dans le vivant dont il fait partie.L'enjeu n'est pas de réparer des individus mais de prendre soin des liens qui rendent une existence habitable.◆ Une anthropologie de la vulnérabilitéCette pratique repose sur une conviction simple : la vulnérabilité n'est pas un accident de l'existence humaine ; elle en constitue l'une des conditions fondamentales.L'être humain naît dépendant. Il ne survit, ne grandit et ne devient lui-même qu'à travers des relations de soin, de transmission et d'attention. Aucune existence humaine n'est possible sans l'appui d'autres humains.Cette vulnérabilité première constitue le socle même du care. Prendre soin n'est pas une activité exceptionnelle destinée à réparer des situations particulières ; il s'agit d'une condition ordinaire de toute vie humaine.Comme le rappelle Joan Tronto, le care désigne tout ce que nous faisons pour maintenir, continuer et réparer notre monde afin que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nos proches, nos communautés et les environnements dans lesquels nous vivons.Mais cette vulnérabilité commune ne se distribue jamais de manière égale. Certaines formes de fragilité sont reconnues et soutenues ; d'autres demeurent invisibles, déniées ou stigmatisées.Le soin anthropologique consiste notamment à rendre perceptibles ces vulnérabilités, à leur redonner une place dans le langage commun et à restaurer les capacités de relation, de symbolisation et de transmission qui permettent aux personnes de demeurer inscrites dans le monde.◆ La marionnette comme médiatriceLa marionnette occupe une place centrale dans cette démarche.Elle n'est pas utilisée comme simple objet artistique ni comme support d'expression libre. Elle constitue un médiateur symbolique qui permet de parler sans devoir s'exposer directement.La parole peut alors se déplacer. Ce qui serait difficile à dire en son nom propre peut être confié à un personnage.La marionnette introduit une distance protectrice. Elle crée un espace intermédiaire entre soi et le monde, entre l'expérience vécue et sa mise en récit.Elle permet d'aborder des questions parfois complexes ou douloureuses sans imposer la mise à nu de l'histoire personnelle.Dans cette perspective, la marionnette devient un porte-parole. Elle porte une mémoire, un attachement, une inquiétude, un désir, une espérance ou une question.◆ Fabriquer sa marionnette : un geste d'inscriptionLes participants fabriquent eux-mêmes leur marionnette.Cette fabrication mobilise des matériaux simples : papier mâché, tissus, branches, fibres végétales, éléments récoltés lors des explorations sensibles du milieu.Le geste de fabrication possède une valeur anthropologique en lui-même.Travailler la matière, façonner une forme, relier des éléments disparates, habiller un personnage, lui donner une présence, c'est déjà produire un travail d'inscription.Quelque chose qui n'avait pas encore de forme devient visible.Quelque chose qui demeurait diffus devient partageable.La marionnette apparaît alors comme une seconde peau symbolique : une enveloppe qui contient, protège et permet l'émergence progressive d'une parole.◆ Du récit de soi à l'enquête sur les attachementsLa démarche s'appuie sur l'écobiographie relationnelle.L'enjeu n'est pas seulement de raconter son histoire personnelle mais d'explorer les liens qui nous ont constitués.Quels lieux nous ont façonnés ?Quels paysages ont compté ?Quels êtres vivants nous ont accompagnés ?Quels récits ont nourri notre manière d'habiter le monde ?Quels attachements soutiennent encore aujourd'hui notre existence ?Dans le prolongement des travaux de Bruno Latour, l'enquête ne porte pas sur un individu isolé mais sur le réseau de relations dont il dépend et qu'il contribue lui-même à faire vivre.La question devient alors : de quoi vivons-nous réellement ?Qu'est-ce qui nous soutient ?Qu'est-ce qui menace de disparaître ?Qu'est-ce qui mérite d'être transmis ?◆ Les affects comme boussoleLe travail avec les marionnettes permet également d'explorer la dimension affective de l'expérience humaine.La colère, la peur, la tristesse et la joie ne sont pas considérées comme des obstacles à dépasser mais comme des indicateurs précieux.Nous ne sommes pas en colère pour ce qui nous est indifférent.Nous ne craignons pas de perdre ce qui ne compte pas.Nous ne nous attristons pas de ce qui nous est étranger.Nous nous réjouissons de ce qui nourrit notre existence.À travers les personnages créés, les participants peuvent explorer ces différentes tonalités affectives.La marionnette devient alors un lieu d'enquête :De quoi ce personnage a-t-il peur ?Qu'est-ce qui le met en colère ?Qu'a-t-il perdu ?Qu'est-ce qui lui donne de la joie ?Ces questions permettent progressivement d'identifier les attachements, les vulnérabilités, les ressources et les aspirations qui traversent les existences humaines.◆ Le mythe comme espace de décentrementCette pratique s'appuie également sur les grands récits fondateurs de l'humanité.L'Épopée de Gilgamesh, mais aussi d'autres récits mythologiques, bibliques ou traditionnels, offrent des formes narratives capables d'accueillir les grandes questions humaines : la finitude, l'amitié, la perte, la transmission, le pouvoir, l'épreuve et la transformation.Le mythe n'est pas étudié comme un objet culturel. Il constitue un espace symbolique partagé qui permet de penser ensemble ce qui dépasse les histoires individuelles.Il ouvre un horizon commun où chacun peut reconnaître quelque chose de sa propre expérience sans avoir à la raconter directement.◆ Une pratique du monde communLes marionnettes ne sont pas seulement créées pour elles-mêmes.Elles sont appelées à entrer en dialogue.À travers elles, les participants explorent ce qui les relie, ce qui les sépare, ce qui les inquiète et ce qu'ils souhaitent préserver.Les personnages deviennent progressivement les porte-parole d'un ensemble d'attachements humains et écologiques.Leur rencontre permet de faire émerger un espace de délibération sensible où peuvent être explorées les conditions d'un monde commun plus habitable.◆ Une pratique de résistance anthropologiqueDans un contexte marqué par l'accélération, l'isolement, la fragmentation des liens et la réduction croissante de l'humain à des logiques de performance, cette pratique constitue une forme de résistance anthropologique.Elle réaffirme que l'être humain ne se réduit ni à ses symptômes, ni à ses fonctions, ni à ses performances.Elle rappelle que la créativité, la symbolisation, le récit, le soin et la relation constituent des besoins fondamentaux de l'existence humaine.Prendre soin de ces dimensions, c'est préserver les conditions mêmes de notre humanité.
LIBERTÉ, VULNÉRABILITÉ ET SOIN RELATIONNELLa question de la liberté traverse discrètement toute pratique de soin.Elle est souvent comprise comme autonomie, indépendance ou capacité d'agir sans contrainte.L'approche développée au sein d'ARTÉMIS invite à envisager autrement cette notion.La liberté n'est pas l'absence de dépendance.Elle n'est pas davantage la maîtrise complète de soi-même ou des circonstances.Elle apparaît plutôt comme une manière d'habiter son existence au sein même des relations, des limites, des vulnérabilités et des conditions qui nous constituent.◆ Une liberté situéeL'être humain ne naît pas libre au sens d'un être autonome et indépendant.Il naît dépendant.Il grandit à travers les soins reçus, les relations qui le portent, les récits qui l'accompagnent et les communautés auxquelles il appartient.Son existence demeure toujours inscrite dans un ensemble de dépendances, d'attachements et de responsabilités partagées.La liberté ne consiste donc pas à échapper à ces liens.Elle réside plutôt dans la manière de les habiter.Elle apparaît lorsque nous pouvons reconnaître ce qui nous constitue sans y être entièrement enfermés.◆ Une liberté incarnéeLe corps occupe une place centrale dans cette expérience.Le corps n'est pas seulement un organisme biologique.Il est le lieu où s'inscrivent nos histoires, nos relations, nos engagements, nos blessures et nos transformations.À travers lui, nous faisons l'expérience de la fatigue, de la maladie, de la joie, de la perte, du désir et de la finitude.La liberté ne se situe ni à l'extérieur du corps ni contre lui.Elle se manifeste dans la manière dont nous demeurons présents à ce qui nous affecte sans nous réduire entièrement à ce qui nous arrive.Être libre ne signifie pas ne plus souffrir.Cela signifie pouvoir continuer à habiter son existence même lorsque celle-ci est éprouvée.◆ Vulnérabilité et libertéLa vulnérabilité n'est pas l'opposé de la liberté.Elle en constitue l'une des conditions.Nous sommes vulnérables parce que nous sommes liés.Parce que nous dépendons des autres.Parce que nous pouvons être atteints par ce qui arrive aux personnes, aux lieux, aux communautés et aux formes de vie auxquelles nous tenons.La vulnérabilité rappelle que l'existence humaine est fondamentalement relationnelle.La liberté n'apparaît donc pas malgré cette condition.Elle émerge en son sein.Elle se manifeste dans notre capacité à reconnaître nos dépendances, à prendre soin de ce qui nous soutient et à répondre de ce qui nous relie au monde.◆ Une liberté relationnelleCette compréhension rejoint les approches contemporaines de la relationnalité.Nous ne sommes pas des individus isolés qui entreraient ensuite en relation.Nous existons toujours déjà au sein d'un réseau de liens, d'attachements, de transmissions et d'interdépendances.La liberté ne consiste pas à sortir de ces relations.Elle consiste à participer consciemment à leur élaboration.Elle permet de transformer certaines contraintes en responsabilités choisies, certaines dépendances en solidarités et certains héritages en ressources pour l'action.◆ Le soin comme espace d'émergenceLe soin relationnel ne cherche pas à rendre les personnes libres.La liberté ne peut être produite de l'extérieur.Le soin consiste plutôt à créer les conditions où elle peut se manifester.Parfois sous la forme d'une parole qui trouve sa place.Parfois sous la forme d'un silence habité.Parfois dans une capacité retrouvée à sentir, à créer, à imaginer ou à entrer en relation autrement.Cette liberté demeure souvent discrète.Elle ne se mesure pas en performances ni en résultats.Elle apparaît dans la possibilité de demeurer présent à soi-même, aux autres et au monde, même lorsque l'existence traverse des épreuves.◆ Une liberté qui habite le mondeLe soin ne promet ni maîtrise totale ni retour à un état idéal.Il accompagne une expérience plus humble : celle d'apprendre à habiter les limites, les transformations et les incertitudes qui traversent toute existence humaine.La liberté ne consiste alors ni à s'affranchir du monde ni à s'en protéger.Elle réside dans la capacité à y prendre part consciemment, à prendre soin de ce qui nous relie et à demeurer présent au vivant dont nous faisons partie.Soutenir cette présence constitue sans doute l'une des tâches essentielles du soin relationnel.Jessica Devroye
Psychomotricienne – Health Education
Fondatrice d'ARTÉMIS – Espace de soin relationnel
PRÉSENTATIONJessica Devroye est psychomotricienne, diplômée en Sciences de la Motricité.Son parcours s'est construit à la croisée de la clinique psychomotrice, du travail institutionnel, de l'éducation à la santé et d'une réflexion sur la vulnérabilité humaine, les liens qui nous constituent et les conditions d'une existence habitable.À partir de son expérience professionnelle, elle a développé une approche de la psychomotricité attentive aux dimensions institutionnelles et collectives du soin. Ce travail a donné lieu à la formalisation de la psychomotricité institutionnelle, développée principalement dans le champ de la Protection de l'Enfance.Parallèlement à son activité clinique, elle explore différentes traditions de soin et de compréhension du vivant. Son parcours l'a conduite vers la naturopathie, la médecine traditionnelle chinoise, l'approche One Health, les récits fondateurs, l'écobiographie relationnelle et les approches contemporaines du care.Actuellement en formation au Tui Na pédiatrique chinois (San Zi Jing), elle s'intéresse particulièrement à la manière dont les traditions de soin articulent le corps, les rythmes de vie, les milieux de vie et les processus de transformation.À travers ARTÉMIS, elle conçoit et anime des ateliers, des formations et des interventions qui mobilisent le corps vécu, les récits, les médiations créatives, la marionnette, l'écobiographie relationnelle et le travail collectif comme ressources pour penser notre manière d'habiter le monde.Sa démarche s'inscrit dans une pratique de soin relationnel attentive aux relations qui nous constituent : relations aux autres, aux lieux, aux communautés humaines, aux récits qui nous façonnent et au vivant dont nous dépendons.Psychomotricité institutionnelle :
psychomotricite-institutionnelle.carrd.coSite professionnel :
psychomotricite.carrd.co

