ARTÉMIS - ATELIERS DE SOIN ANTHROPOLOGIQUE
Health Education


Ateliers et temps de travail autour du corps, de la fonction créative et des récits fondateurs anciens, inscrits dans une approche anthropologique du soin, à la croisée des mythes, des mots et de l'expérience incarnée.Un espace pour toute personne en quête de sens et de santé.

Mythes, langue, corps

Le nom d'artémis nous vient des récits grecs anciens.Artémis y apparaît comme figure des lisières, attentive aux naissances, aux transformations et aux équilibres fragiles entre l'humain et les forces du vivant. Sa présence marque moins une autorité qu'une manière d'habiter la limite.Si ce nom ouvre ce travail, c’est pour indiquer une orientation. Le soin anthropologique ne cherche pas à corriger un individu ni à optimiser une performance. Il s’intéresse à la manière dont un être humain habite son existence, avec sa vulnérabilité, ses attachements, sa capacité de conscience.L’existence humaine ne se laisse pas réduire à une seule dimension. Elle se déploie dans une chair exposée au monde, affectée par les saisons, les rythmes, les fatigues et les élans du vivant. Elle se tisse dans les relations, dans les images intérieures qui façonnent une histoire singulière, dans les conflits qui déplacent et obligent à grandir. Elle se comprend aussi comme une expérience réfléchie, capable de mémoire et de transmission, consciente de sa finitude et responsable de ce qu’elle engage.Artémis rappelle cette tenue. Elle indique un lieu où l’on peut demeurer auprès de ce qui traverse une vie sans en forcer l’issue. Le soin se situe dans cet accompagnement attentif, qui respecte l’épaisseur de l’expérience humaine et son inscription dans le monde vivant.

Mythes, langue, corps

PRENDRE SOIN DANS UN MONDE EN TRANSITIONLes ateliers Artémis s’inscrivent dans le contexte d’une transition sociale et écologique qui transforme en profondeur nos manières de vivre, de travailler et d’habiter le monde. Les crises environnementales, les mutations du travail, les inégalités sociales et les fragilisations institutionnelles ne sont pas des réalités abstraites : elles affectent nos corps, nos trajectoires et notre santé.Ma démarche s’appuie sur l’approche One Health, qui met en lumière l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Elle rappelle que la santé ne peut être pensée indépendamment des milieux de vie, des écosystèmes et des déterminants sociaux qui la conditionnent. Ancrée dans la santé publique, cette perspective invite à considérer la santé comme un bien commun, inscrit dans des territoires concrets et des environnements partagés.La question de l’habitabilité du monde traverse ainsi le travail proposé. Il ne s’agit pas d’affirmer un attachement aux lieux, mais d’en interroger la nature : à quoi sommes-nous liés ? Comment habitons-nous les territoires que nous occupons ? Quels rapports entretenons-nous avec le sol, les paysages, les institutions, les communautés dont nous dépendons ? L’intériorité et l’extériorité ne sont pas séparées : ce qui se transforme dans nos milieux de vie engage aussi nos manières d’être, de sentir et de penser.Dans ce cadre, le soin anthropologique proposé dans les ateliers prend appui à partir du corps vécu. Le corps est le lieu où s’inscrivent les tensions contemporaines, les ruptures de continuité, les pertes de repères. C’est depuis cette expérience incarnée que peut s’ouvrir un travail de réinscription symbolique.Les récits fondateurs, les mythes anciens et la fonction créative ne sont pas convoqués comme références culturelles extérieures, mais comme des trames de continuité. Ils permettent de replacer l’expérience individuelle dans une temporalité plus vaste, de relier le présent à une mémoire symbolique, d’inscrire le corps et l’imaginaire dans une histoire qui ne commence pas avec nous. Cette réinscription ne gomme pas les fractures du monde contemporain ; elle offre un cadre pour les traverser sans perdre toute orientation.Toute transition durable suppose cependant une transformation plus profonde qu’un simple ajustement des structures. Les changements techniques ou réglementaires ne peuvent tenir si notre manière d’être au monde, de désirer, de nous situer dans la limite et dans la relation demeure inchangée. Le travail proposé vise précisément cette dimension : retrouver, à partir du corps et de l’expérience vécue, une qualité de présence et d’orientation intérieure sans laquelle aucune mutation collective ne peut réellement s’inscrire dans la durée.Le travail proposé — à partir du corps, de la fonction créative et des récits fondateurs — relie ainsi l’expérience singulière aux enjeux collectifs. Il ne s’agit ni de développer un discours militant ni de proposer des solutions techniques, mais de soutenir une manière plus consciente, plus responsable et plus située d’être au monde.Les ateliers Artémis se situent à cette croisée : entre intériorité et santé publique, entre territoire et mémoire, entre présent incertain et continuité symbolique.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

À QUOI S'ATTENDRE LORS D'UN ATELIER ?Le cadre généralLes ateliers proposent un espace de soin anthropologique, c’est-à-dire un espace où l’on prend soin de l’humain dans sa globalité : le corps, les émotions, les affects, les limites, la relation à soi, aux autres et au monde. Ils s'inscrivent dans un contexte où les continuités collectives se fragilisent. Les figures proposées offrent des ressources symboliques pour traverser ces ruptures.Ce ne sont ni des ateliers thérapeutiques, ni des groupes de parole au sens clinique. Il s’agit d’un travail d’expérience, à la fois corporel, symbolique et créatif.Ce que l’on y fait concrètement :
Selon la forme (présentiel ou distanciel), les ateliers peuvent inclure :
• Des gestes simples (respiration, posture, appuis, mouvements lents),
• Un travail avec la main : création d’objets, de formes, de marionnettes,
• Un travail avec la matière (papier, colle, fil, fer, textures, peinture, ...),
• L’appui sur des récits et des mots anciens (latin), des récits fondateurs (grecs, romains, scandinaves, bibliques,...),
• Des temps de silence, d’écoute, de mise en forme symbolique,
• Parfois des échanges, toujours libres et non obligatoires.
On ne cherche pas à “bien faire”, mais à faire expérience.Ce que ces ateliers permettent :
• Déposer un trop-plein (émotionnel, mental, corporel),
• Mieux sentir les limites, l'enveloppe, la peau symbolique,
• Retrouver une présence à soi plus calme et plus ajustée,
• Traverser des zones de fragilité sans être seuls,
• Redonner du sens là où les mots manquent.
Il ne s’agit pas de réparer à tout prix, mais d’apprendre à tenir dans ce qui est, ensemble.Ce que ces ateliers ne sont pas :
Ce n’est pas une psychothérapie ;
Ce n’est pas un cours théorique ou universitaire ;
Ce n’est pas un atelier artistique évaluatif ni de l’art-thérapie ;
Ce n’est pas un espace où l’on doit parler de soi ;
Chacun participe à son rythme, dans le respect de ses limites.
Pour qui ?
Ces ateliers s’adressent à toute personne :
• En recherche de sens, de ralentissement, d’ancrage,
• Traversant une période de questionnement, de fatigue, d'épuisement, de convalescence,
• Intéressée par le lien entre corps, symbolique, création et soin,
• Sans prérequis artistique ou corporel.
Présentiel / distanciel : quelle différence ?
En présentiel :
-> Accent sur la matière, la peau, la main, la création concrète, la marionnette
En distanciel (Zoom) :
-> Accent sur le corps vécu, les gestes symboliques, la parole, l’imaginaire, les mots, ...
Les deux formes sont complémentaires et cohérentes.
Le cadre de sécurité :
• Confidentialité respectée ;
• Liberté de participation (on peut observer, se taire, s’arrêter) ;
• Cadre clair, temps délimité ;
• Accompagnement attentif et respectueux.
Une phrase pour résumer :
Ces ateliers travaillent la santé humaine par le mythe, la langue et la création, pour relier l’expérience singulière à une mémoire commune et permettre au sujet de se tenir debout.
Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

INTERVENTION EN MILIEU PROFESSIONNELLe soin anthropologique peut se déployer au sein d’institutions et de collectifs professionnels qui souhaitent ouvrir un espace de réflexion, de respiration et de réinscription symbolique dans leurs pratiques.Des ateliers, temps de travail ou dispositifs sur mesure peuvent être proposés dans les champs du soin, de l’éducation, du travail social, de la formation ou de la santé publique.Ces interventions peuvent prendre la forme :
– d’ateliers ponctuels,
– de cycles thématiques,
– de temps de réflexion pour équipes,
– ou d’accompagnements plus longs, en fonction des besoins du terrain.
Chaque proposition est élaborée en dialogue avec la réalité spécifique du lieu, de ses contraintes et de ses enjeux.

ATELIER À VENIR ...CYCLE D'ATELIERS - ABBAYE DE BRIALMONT- De Chiron à saint Augustin -Bonjour à tous et à chacun,J’initie à l’abbaye de Brialmont, à Tilff, un cycle de quatre ateliers, intitulé " De Chiron à saint Augustin", qui se déploiera sur quatre samedis après-midi, de mars à avril.Ce cycle propose une traversée anthropologique et spirituelle à partir de grandes figures fondatrices, non comme des modèles à imiter, mais comme des figures de passage, capables d’éclairer nos propres expériences de blessure, d’épreuve, de déplacement intérieur et d’intériorité.Avec Chiron, le centaure blessé, nous entrons dans la question du soin. Chiron n’est pas celui qui guérit en effaçant la blessure, mais celui qui apprend à vivre avec ce qui demeure atteint, et à en faire un lieu de transmission. Il ouvre une réflexion essentielle sur le soin : non pas réparer à tout prix, mais reconnaître ce qui, en nous, est déchiré et pourtant porteur de sens.La figure d’Abraham nous conduit ensuite dans l’expérience du déplacement intérieur. Abraham est celui qui accepte de quitter des repères, des sécurités, des évidences, sans savoir d’avance où il va. Son chemin interroge notre rapport à l’appel, à la confiance, et à ce consentement intérieur qui précède toute transformation véritable.Avec Job, nous entrons au cœur de l’épreuve. Job ne cherche ni à expliquer ni à justifier la souffrance. Il la traverse, il la dit, il la crie parfois. Son récit ouvre un espace où la douleur peut être reconnue sans être niée ni spiritualisée trop vite. Job nous apprend à maintenir une parole vivante là même où le sens se fissure.Enfin, avec Augustin d'Hippone, le cycle s’ancre dans l’intériorité existentielle. Chez Augustin, la déchirure devient intérieure : l’âme est explorée comme un lieu habité par la mémoire, le désir, la faille et le temps. L’intériorité n’est pas un refuge abstrait, mais un espace de vérité, où l’humain consent à se laisser transformer.Ce cycle d’ateliers n’est ni un enseignement académique, ni une démarche thérapeutique au sens classique. Il s’agit d’un travail anthropologique et symbolique, où l’on explore comment ces récits anciens continuent de nous traverser aujourd’hui : dans nos blessures, nos déplacements intérieurs, nos épreuves et notre manière d’habiter le monde.L’abbaye de Brialmont offre un cadre propice à cette traversée : un lieu de silence, de profondeur et d’écoute, où le temps peut s’ouvrir autrement.Ce cycle s’adresse à celles et ceux qui sentent que leur chemin demande plus qu’une compréhension intellectuelle ou qu’une introspection psychologique, et qui souhaitent habiter ce qui, en eux, est déchiré — non pour le refermer trop vite, mais pour lui permettre de devenir lieu de sens.Heure et dates :
Samedis 7 & 21 mars
Samedis 11 & 25 avril
De 13H30 à 16H30
Lieu : Abbaye de Brialmont, Tilff
Infos et réservations : via mail
Bienvenue,Jessica

Mythes, langue, corps

CHARTE ANTHROPOLOGIQUELe soin anthropologique : préserver l’humain au cœur des institutionsPoint de départ : une inquiétude anthropologiqueLe point de départ de ce travail n’est ni une méthode, ni un outil, ni une discipline particulière. Il est une inquiétude anthropologique, au sens fort du terme : la crainte que l’humain, dans les institutions contemporaines, soit progressivement réduit à ses seules fonctions — biologiques, cognitives, productives — au détriment de son intériorité, de sa dimension symbolique et de sa verticalité.Cette réduction n’est pas le fruit d’une malveillance. Elle est la conséquence structurelle d’un monde organisé autour de l’efficacité, de la mesure, de la performance et de la gestion du risque. Dans ce contexte, ce qui ne se quantifie pas facilement — l’expérience intérieure, le sens, le rapport à la limite, à la souffrance, à la mort, au mystère — tend à être évacué.Le soin anthropologique naît de cette constatation : lorsque l’intériorité n’a plus de lieu, l’humain se fragilise, même — et parfois surtout — dans des institutions dédiées au soin, à l’éducation ou à la transmission.Une conception intégrale de l’humainLe socle de cette approche repose sur une anthropologie intégrale, qui considère l’être humain comme une unité vivante et irréductible, articulée autour de plusieurs dimensions indissociables :
- Le corps vécu (et non seulement le corps biologique),
- La vie psychique et affective,
- La capacité symbolique et narrative,
- Une dimension de verticalité, que l’on peut nommer esprit, souffle, sens ou orientation intérieure.
Cette conception ne relève ni d’une croyance religieuse, ni d’un positionnement moral. Elle s’inscrit dans une longue tradition anthropologique, philosophique et clinique, largement partagée par les médecines traditionnelles, certaines approches thérapeutiques contemporaines, et de nombreux récits fondateurs. Le soin anthropologique ne vise donc pas à ajouter une dimension
« spirituelle » artificielle aux pratiques existantes, mais à restaurer une vision de l’humain déjà implicitement présente, mais souvent rendue muette.
Une posture non morale et non prescriptiveIl est essentiel de préciser que cette approche ne se situe pas sur le registre de l’éthique normative. Le soin anthropologique ne cherche pas à dire ce qui devrait être fait, ni à assigner une responsabilité morale supplémentaire aux individus ou aux institutions. Il ne s’agit ni de culpabiliser, ni d’édicter des normes de comportement. La posture est différente : il s’agit de rouvrir un espace de conscience, là où l’humain risque de se confondre avec ses fonctions. Ce travail s’inscrit davantage dans une quête de verticalité que dans une logique éthique. Il ne prescrit pas des conduites, il rend possible un déplacement intérieur, une remise en perspective, une respiration.Le rôle du symbolique et des récitsLe soin anthropologique accorde une place centrale au symbolique, aux récits fondateurs, aux mythes et aux formes de mise en scène qui permettent à l’humain de se penser lui-même. Les grands récits — qu’ils soient mésopotamiens, mythiques, antiques, bibliques ou issus d’autres traditions — ne sont pas abordés comme des vérités dogmatiques, mais comme des matrices de sens. Ils donnent forme à des expériences humaines universelles : la perte, la transgression, la limite, la relation à la nature, la filiation, la mort, la transformation. Dans ce cadre, le symbolique agit comme un médiateur : il permet d’aborder des questions existentielles sans les réduire à des concepts abstraits ni les enfermer dans des protocoles.Une lecture anthropologique du vivantCette approche s’inscrit également dans une réflexion sur l’interconnexion du vivant, sans pour autant dissoudre l’humain dans une continuité strictement biologique. Contrairement à certaines approches contemporaines qui défendent l’environnement en niant l’exceptionnalité humaine, le soin anthropologique affirme que c’est précisément la singularité humaine — sa conscience, sa capacité symbolique, sa verticalité — qui fonde une relation juste au vivant.La nature n’est pas pensée uniquement comme un objet à conserver, mais comme une réalité vivante inscrite, elle aussi, dans une dynamique d’offrande, de transformation et de finitude. Loin d’un idéal de conservation absolue, cette vision reconnaît que la disparition, la perte et la mort font partie intégrante des récits fondateurs de l’humanité. L’enjeu n’est pas d’empêcher toute finitude, mais d'habiter lucidement notre place dans le vivant.Une pratique transversale au service des institutionsLe soin anthropologique n’est pas attaché à un seul champ d’application. Il est par nature transversal. Il peut se déployer :
- Dans le champ du soin (hôpitaux, santé mentale, maisons de repos, ...),
- Dans le champ universitaire (formation, réflexion critique, One Health),
- Dans le champ éducatif (accompagnement des enseignants et des éducateurs),
- Dans des espaces de transmission et de formation professionnelle.
Dans chaque contexte, la forme change, mais le noyau demeure : préserver un espace pour l’humain irréductible.
Finalité : que personne ne tombe hors du mondeLa finalité de ce travail pourrait se formuler simplement : veiller à ce que personne ne tombe hors du monde. Hors du monde par réduction, par épuisement, par perte de sens ou par effacement de
l’intériorité.
Le soin anthropologique ne prétend pas réparer, sauver ou normaliser. Il propose un lieu, un temps et une parole où l’humain peut à nouveau se tenir debout — non pas dans la toute- puissance, mais dans une verticalité habitée.Ce texte constitue le socle à partir duquel peuvent se décliner des pratiques, des ateliers, des formations et des interventions institutionnelles, toujours ajustées aux publics concernés, mais fidèles à ce noyau anthropologique.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

SOIN ANTHROPOLOGIQUE ET ÉDUCATION À LA SANTÉ - ONE HEALTHPour une approche One Health anthropologique et spirituellePréambuleL’approche One Health a le mérite essentiel de rappeler l’interconnexion profonde entre la santé humaine, animale et environnementale. Elle constitue aujourd’hui un cadre nécessaire pour penser les enjeux sanitaires, écologiques et sociétaux contemporains.Cependant, force est de constater que cette interconnexion est souvent pensée à partir d’un réductionnisme anthropologique, où l’humain est principalement défini par son appartenance au règne animal.
Si cette perspective permet de sortir d’une vision dominatrice de la nature, elle comporte aussi une limite majeure : Elle évacue la spécificité humaine, notamment sa capacité de conscience réflexive, de parole symbolique, de rapport à la mort et à la transcendance.
Une autre anthropologie du vivantL’approche que je développe s’inscrit dans une anthropologie tripartite - corps-psyché et esprit - que l'on retrouve de manière récurrente dans de nombreuses traditions médicinales, philosophiques et spirituelles à travers les cultures et les époques. La tripartition corps-psyché-esprit, loin d'être une construction idéologique ou religieuse, apparaît comme une constante anthropologique que l'on retrouve, sous des formes et des vocabulaires différents, dans les grandes traditions médicinales et anthropologique de l'humanité. À ce titre elle peut être comprise comme un invariant structurant de la manière dont les sociétés humaines ont pensé l'expérience du vivant et la place spécifique de l'humain en son sein.Dans cette perspective, le lien de l'humain au vivant ne se réduit pas à son appartenance à l'ordre du vivant ni à sa seule animalité. Ce qui le relie spécifiquement aux vivants, c'est sa capacité singulière à se savoir vivant et mortel, à faire expérience de la relation, à symboliser ce qu'il traverse et à en assumer une responsabilité de sens.L'humain ne se tient pas dans le vivant uniquement comme un organisme parmi d'autres, mais comme un être capable d'inscrire son existence dans des récits, des transmissions et des formes symboliques. L'interconnexion du vivant ne peut dès lors être durablement habitée que si l'humain est reconnu dans cette verticalité non comme domination, mais comme faculté de symbolisation, de transmission et d'inscription consciente dans le monde.Sans cette reconnaissance, le lien au vivant risque de se réduire soit à une continuité biologique indifférenciée, soit à une projection idéalisée de la nature, au détriment de la responsabilité proprement humaine.Au-delà de la conservation : une cosmologie de l’offrandeL’approche dominante de l’écologie et de la santé globale repose souvent sur un imaginaire de la conservation : préserver, maintenir, éviter la disparition. Or, les grands récits fondateurs de l’humanité — mythologiques, antiques, bibliques — nous enseignent autre chose : la vie est transformation, passage, perte et renouvellement. La finalité du vivant n’est pas la conservation absolue, mais l’offrande. L’humain, comme la nature, est un être de passage.Dans cette perspective, la santé ne se réduit pas à l’absence de maladie, ni à la préservation de l’existant, mais devient une capacité à habiter la finitude, à traverser les épreuves et à inscrire son existence dans une continuité symbolique.Une pratique de l’inscription, non de l’injonctionMon travail ne repose pas sur une éthique prescriptive ni sur la culpabilisation de l’humain. Il s’inscrit en amont des normes, dans le champ de l’expérience vécue.À travers le corps, le mythe, la parole et la création (notamment la marionnette), j’accompagne enfants, adolescents et adultes dans une expérience symbolique de leur place parmi les vivants.Il ne s’agit pas d’enseigner des comportements “responsables”, mais de permettre une transformation intérieure du rapport au monde, condition préalable à toute responsabilité véritable.ConclusionCette approche ne s’oppose pas au One Health. Elle en constitue une profondeur anthropologique et spirituelle complémentaire, sans laquelle l’interconnexion du vivant risque de rester un principe abstrait ou idéologique. Elle vise non pas à sauver le monde, mais à permettre à l’humain de l’habiter consciemment, jusqu’au bout.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

Mythes, langue, corps

CORPS, CRÉATIVITÉ ET MOTS :
PRENDRE SOIN DANS LA TRAVERSÉE DU BURN-OUT
Le burn-out n’est pas seulement un épuisement. Il est une expérience de rupture profonde, qui engage à la fois le corps, le rapport au sens, au temps, aux autres et à soi-même. Ce qui s’effondre alors ne relève pas uniquement de la fatigue ou du stress, mais d’une manière de tenir dans le monde, de répondre aux attentes, d’habiter son propre corps.Dans cette traversée, le soin ne peut se réduire à une réparation fonctionnelle ni à une injonction au retour rapide à la performance. Le soin anthropologique propose une autre voie : celle d’un espace de présence, où ce qui a été éprouvé peut être reconnu, tenu et traversé autrement.Le corps comme lieu de véritéDans le burn-out, le corps ne « lâche » pas par hasard. Il devient souvent le lieu où s’inscrit ce qui n’a plus pu être porté psychiquement, symboliquement ou socialement. Fatigue chronique, tensions, douleurs diffuses, perte d’élan ou de désir : le corps parle là où les mots ont parfois manqué ou se sont épuisés.Le soin anthropologique considère le corps non comme un simple organisme à réparer, mais comme une chair habitée, traversée par l’histoire personnelle, les contraintes professionnelles, les normes sociales et les attentes intériorisées. Revenir au corps, dans ce contexte, ne signifie pas chercher à le contrôler ou à l’optimiser, mais réapprendre à l’écouter, à en reconnaître les limites et les besoins.Les temps de présence corporelle proposés dans les ateliers (respiration, gestes simples, appuis, attention au rythme) visent à restaurer une relation plus juste au corps, sans exigence de résultat. Il s’agit moins de « se détendre » que de se retrouver là, dans un corps vivant, tel qu’il est aujourd’hui.La créativité comme fonction de survie et de transformationLa créativité, dans la traversée du burn-out, n’est pas une activité esthétique ni un loisir. Elle est une fonction anthropologique fondamentale, qui permet de faire avec ce qui ne peut plus être pensé de manière linéaire ou rationnelle.Lorsque le sens se fragilise, lorsque les repères s’effondrent, la créativité ouvre un espace intermédiaire : ni fuite, ni solution immédiate, mais un lieu où quelque chose peut se dire autrement. Elle permet de donner forme — même fragile, même provisoire — à ce qui a été vécu.Dans les ateliers, la créativité n’est jamais sollicitée comme une performance. Elle prend la forme de gestes, d’images intérieures, de récits mythologiques, parfois d’écritures brèves. Elle soutient un processus de re-symbolisation, là où le discours ordinaire ne suffit plus.Les mots : dire sans expliquer, nommer sans réduireDans le burn-out, les mots sont souvent soit absents, soit saturés. Trop expliquer, trop analyser peut devenir une nouvelle violence faite à l’expérience. À l’inverse, le silence total peut parfois enfermer.Le soin anthropologique travaille avec des mots qui ouvrent, et non qui enferment. Les récits mythologiques, les textes symboliques, les formulations sobres permettent de faire résonner l’expérience sans la réduire à un diagnostic ou à une interprétation psychologisante.Les temps de parole proposés dans les ateliers sont toujours libres. Il n’y a aucune obligation de dire, ni de raconter. Les mots sont là comme une possibilité, non comme une exigence. Ils accompagnent le corps et la créativité, sans s’y substituer.Prendre soin sans promettre un retour à l’identiqueLe burn-out marque souvent un point de non-retour. Quelque chose ne peut plus fonctionner comme avant. Le soin anthropologique ne cherche pas à restaurer un état antérieur idéalisé, ni à promettre une guérison rapide.Il s’agit plutôt d’accompagner une transformation, parfois lente, parfois inconfortable, où de nouvelles manières d’habiter le corps, le travail, les relations et le sens peuvent émerger. Ce travail demande du temps, de la patience et une forme de douceur envers soi-même.Corps, créativité et mots s’articulent alors comme trois appuis essentiels :
° le corps, pour rester en lien avec le vivant ;
° la créativité, pour ouvrir des possibles là où tout semble figé ;
° les mots, pour accompagner sans enfermer.
Un espace pour traverser, pas pour performerLes ateliers proposés s’adressent à toute personne traversant ou ayant traversé un burn-out, ou se sentant au bord de l’épuisement. Ils ne remplacent pas un suivi médical ou psychothérapeutique, mais offrent un espace complémentaire, où l’expérience peut être accueillie autrement.Prendre soin, ici, ne signifie pas aller mieux à tout prix. Cela signifie ne pas rester seul avec ce qui a été éprouvé, et accepter que la traversée fasse partie du chemin.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

Mythes, langue, corps

LA MARIONNETTE COMME PRATIQUE PROFESSIONNELLE DE RÉSISTANCE ANTHROPOLOGIQUEMa pratique professionnelle s’inscrit à la croisée de la créativité, du mythe et de l’anthropologie. Elle ne relève ni de l’art-thérapie au sens clinique, ni de l’animation
culturelle, ni de l’enseignement artistique au sens strict. Elle relève d’un soin anthropologique : un travail qui vise à soutenir l’inscription humaine des personnes dans le monde, par des formes symboliques, corporelles et partagées.
A. Une pratique fondée sur l’inscription, non sur la réparation.Je ne travaille pas à partir d’un manque à combler, d’un trouble à corriger ou d’un symptôme à interpréter. Je travaille à partir de la question suivante :« Comment permettre à une personne, enfant ou adulte, de rester inscrite
dans le monde humain ? »
L’inscription se joue dans :
° Le corps engagé,
° Le geste créateur,
° La matière travaillée,
° Le récit partagé,
° La présence à soi et aux autres.
La marionnette est au cœur de ce travail parce qu’elle permet une inscription sans exposition directe, une parole sans contrainte, une présence sans violence.B. Fabriquer sa marionnette : un acte fondateurDans ma pratique, les participants — enfants, adolescents ou adultes — confectionnent eux-mêmes leur marionnette. Ce choix n’est pas esthétique, il est anthropologique.
Fabriquer sa marionnette, c’est :
° Travailler avec les mains,
° Entrer en contact avec la matière,
° Éprouver la peau comme enveloppe corporelle et psychique,
° Donner forme à quelque chose qui n’était pas encore visible.
La marionnette devient une peau symbolique :
° Une enveloppe protectrice,
° Un contenant,
° Un lieu où quelque chose peut se dire sans danger.
Ce travail est particulièrement précieux pour des personnes ayant vécu des ruptures, des violences, des abandons ou des discontinuités dans leur histoire.C. Le mythe comme structure humaine partagéeMa pratique s’appuie sur les grands récits fondateurs, et notamment sur le plus ancien grand récit, mésopotamien, l'Épopée de Gilgamesh. Le mythe n’est pas utilisé comme un contenu à expliquer ou à analyser, mais comme une structure anthropologique :
° Une traversée,
° Une épreuve,
° Une perte,
° Une transformation.
Gilgamesh permet de travailler, sans psychologisation, des questions fondamentales :
° Qu'est-ce qu'être humain ?
° Pourquoi meurt-on ?
° Que faire face à la finitude ?
° Qu'est-ce qu'une vie digne ?
° Qu'est-ce que l'amitié transforme en nous ?
En ce sens, on peut dire que Gilgamesh est un mythe, non pas d'origine du monde, mais d'origine de la condition humaine.Le mythe offre un cadre commun qui protège chacun de l’exposition excessive de son histoire personnelle.D. La langue comme soin anthropologiqueJ’intègre également un travail sur la langue — notamment le latin — non
comme savoir académique, mais comme pratique de soin symbolique.
Les mots latins sont travaillés pour leur capacité à :
° Nommer des expériences humaines fondamentales,
° Relier le corps, le geste et le sens,
° Inscrire les participants dans une filiation culturelle longue.
° La langue devient un lieu d’ancrage, de transmission et de continuité humaine.
E. Une pratique de la présence, non de la performanceJe ne cherche pas un résultat mesurable ou spectaculaire.
Ce qui compte est ce qui se tisse :
° Entre les participants,
° Entre le corps et la matière,
° Entre le récit et l’expérience vécue.
Ma posture professionnelle repose sur :
° Une éthique du care non objectivante,
° Le respect des rythmes,
° L’accueil de la singularité,
° La préservation de l’entre-deux symbolique.
Il ne s’agit pas de faire parler à tout prix, ni de produire à tout prix, mais
de tenir un espace humain habitable.
F. Contextes d’interventionCette pratique peut s’inscrire dans différents cadres :
° Structures de la petite enfance,
° Institutions éducatives,
° Dispositifs culturels,
° Lieux de soin non médicalisés,
° Espaces associatifs ou communautaires.
Elle s’adapte aux âges et aux contextes, tout en conservant son socle anthropologique :
veiller à ce que personne ne tombe hors du monde.
G. Une pratique située, assuméeJe n’occupe pas une position de thérapeute, ni d’experte du psychisme. J’occupe une place de passeuse de formes, de gardienne de seuil, de veilleuse du lien humain.
Ma pratique affirme que :
° L’humain ne se réduit pas à ses difficultés,
° Le soin ne se limite pas au champ psychique,
° La créativité est une nécessité anthropologique.
ConclusionTravailler avec la marionnette, le mythe et la langue, c’est choisir de résister à la désinscription humaine contemporaine. C’est maintenir des formes de présence là où tout menace de s’effacer. C’est une pratique humble, lente, incarnée, mais profondément politique au sens noble : elle veille à la possibilité d’un monde commun habitable.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

Mythes, langue, corps

Le Tui Na comme geste anthropologiqueAu sein d’Artémis, le soin anthropologique ne désigne pas une technique parmi d’autres, mais une manière d’habiter la rencontre. Il se déploie à travers différentes médiations : le mythe qui ouvre l’imaginaire, la marionnette qui rend visible l’invisible, la parole qui inscrit une continuité narrative, la présence corporelle qui soutient l’expérience vécue.Le Tui Na s’inscrit dans cette constellation non comme une spécialité importée, mais comme une modalité particulière du geste anthropologique : une pensée du corps mise en acte.Issu de la médecine traditionnelle chinoise, le Tui Na repose sur une cosmologie dans laquelle l’être humain n’est jamais séparé du monde qu’il habite. Traversé par les souffles (Qi), structuré par les polarités dynamiques (yin/yang), inscrit dans les cycles de transformation (cinq éléments), le corps y apparaît comme un lieu d’inscription des rythmes du ciel et de la terre. Il est à la fois matière, relation et passage.Cette vision, culturellement située, rejoint une donnée anthropologique fondamentale : le corps humain n’est pas un objet biologique isolé, mais un nœud de tensions, de mémoires et d’orientations. Il porte les traces des attachements précoces, des ruptures, des adaptations nécessaires à la survie. Il s’organise autour d’un axe — vertical et symbolique — qui permet à la fois l’enracinement et l’ouverture.Lorsque la circulation se fige, lorsque certaines fixations toniques se rigidifient, ce n’est pas seulement un symptôme qui apparaît ; c’est une modalité d’être-au-monde qui se contracte. La fatigue, l’agitation, l’insomnie ou la perte d’élan peuvent alors être comprises comme des perturbations du mouvement existentiel.Le Tui Na intervient précisément à cet endroit : non pour corriger mécaniquement, mais pour réintroduire du mouvement là où l’expérience s’est figée. Par des manœuvres manuelles précises, il soutient la fluidité des souffles, modifie la qualité tonique, restaure une possibilité d’axe. Le toucher devient ici un acte de médiation : il réouvre un espace de circulation entre intérieur et extérieur, entre densité corporelle et orientation symbolique.Dans le cadre du soin anthropologique, cette pratique prend une portée singulière. Elle travaille la verticalité — non comme simple posture anatomique, mais comme condition d’existence. Se tenir debout, habiter son centre, soutenir sa propre continuité : autant de dimensions qui relèvent autant de l’anthropologie que de la clinique.La séance articule un temps de rencontre et d’écoute, un travail corporel sur table ou en position assise, et la transmission de gestes d’auto-massage permettant à la personne de prolonger elle-même ce travail de circulation. Le soin ne se substitue pas au sujet ; il soutient sa capacité d’auto-régulation et d’appropriation.Je suis actuellement en formation au Tui Na pédiatrique San Zi Jing auprès d’Amaël Ferrando, disciple du professeur Bai Yongqiao à Pékin. Cette formation approfondit ma pratique de psychomotricienne et s’inscrit dans une lecture globale des dynamiques toniques, des attachements précoces et des processus de structuration corporelle.Le Tui Na constitue ainsi le versant tactile du soin anthropologique : un geste qui pense le corps comme lieu d’inscription du monde, une médiation silencieuse lorsque la parole ne suffit plus, une pratique de la circulation qui soutient la possibilité d’habiter son existence avec plus de continuité et de stabilité intérieure.

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LIBERTÉ FONDAMENTALE ET SOIN ANTHROPOLOGIQUELa question de la liberté traverse discrètement toute pratique de soin. Elle est souvent comprise comme autonomie, capacité d’agir ou levée des contraintes. Dans le soin anthropologique, elle renvoie à tout autre chose.Il ne s’agit ni d’indépendance ni de performance subjective.
La liberté n’est pas un état à atteindre. Elle est une manière d’habiter ce qui est vécu.
Elle ne supprime ni la vulnérabilité, ni la dépendance, ni la souffrance. Elle se manifeste précisément lorsque l’existence est éprouvée : perte, épuisement, maladie, rupture de sens, atteinte du corps ou du lien.Une liberté située dans la chairLe soin anthropologique repose sur une compréhension du corps qui dépasse le seul registre biologique. Le corps est ici entendu comme chair : lieu d’inscription de l’histoire, des relations, des héritages symboliques et culturels.Dans la lignée de la phénoménologie contemporaine — notamment chez Emmanuel Falque — la chair n’est pas l’opposé de l’esprit. Elle est ce par quoi l’existence est affectée et traversée. Tertullien déjà affirmait que la chair n’est pas un obstacle à la vie spirituelle, mais son lieu d’incarnation.La liberté ne se joue donc ni hors du corps ni contre lui.
Elle se joue en lui.
Être libre ne signifie pas être délivré des contraintes corporelles ou psychiques. Cela signifie ne pas être entièrement réduit à ce qui affecte le corps. La liberté apparaît alors comme une capacité de tenue : ne pas se confondre totalement avec la douleur, la fatigue, l’angoisse ou la perte.Liberté intérieure et traditions mystiquesCette compréhension rejoint les grandes traditions mystiques.Chez Maître Eckhart, la liberté intérieure passe par le détachement — non pas un retrait du monde, mais une manière de ne pas être possédé par ce qui arrive.Chez Jean de la Croix, la liberté se découvre au cœur des nuits, lorsque les appuis habituels disparaissent. Elle n’est pas une puissance accrue, mais une profondeur éprouvée dans le dépouillement.Chez Thérèse d’Avila, elle prend la forme d’une habitation intérieure : la capacité à demeurer en soi sans être dispersé.Dans ces traditions, la liberté ne consiste pas à échapper aux conditions de l’existence, mais à ne pas en être entièrement aliéné.Une liberté anthropologique : corps, psychisme, social et imaginaireLe soin anthropologique tient ensemble plusieurs dimensions indissociables :- le corps, comme lieu de sensation et de mémoire- le psychisme, comme espace de symbolisation- le social, qui structure normes et contraintes- l’imaginaire, qui ouvre ou ferme les possibles- le culturel, qui transmet des récits et des formes de sens.La liberté n’est jamais purement individuelle. Elle est située, relationnelle, historiquement marquée. Elle peut être fragilisée, entravée, presque imperceptible — mais elle n’est jamais totalement absente.Le soin ne vise pas à « rendre libre ». Il ouvre un espace où cette liberté, déjà présente, peut se manifester. Parfois sous une forme très simple : un silence habité, un ralentissement, une respiration qui se pose, une parole qui cesse d’être contrainte.Soin sans promesse, liberté sans injonctionDans le soin anthropologique, la liberté n’est ni un objectif ni une compétence à acquérir. Elle ne se mesure pas en progrès visibles.Elle apparaît parfois comme un léger déplacement : une manière différente d’habiter la fatigue, de soutenir une perte, de traverser une inquiétude sans s’y réduire entièrement.Le soin ne promet pas un retour à un état antérieur. Il ne cherche pas à effacer la fragilité. Il crée un espace où l’expérience peut être reconnue sans être immédiatement corrigée.La liberté n’est pas proclamée. Elle est éprouvée.
Souvent discrète, parfois silencieuse, elle demeure pourtant réelle.
Soutenir cette présence — même minimale — constitue sans doute l’une des tâches essentielles du soin anthropologique.Jessica Devroye
Psychomotricienne - Health Education - Praticienne en soin anthropologique

PRÉSENTATIONJessica Devroye est diplômée en Psychomotricité – Sciences de la Motricité.
Son parcours s’est développé au croisement de la clinique psychomotrice, du travail institutionnel et d’une réflexion anthropologique sur le soin ( éthiques et politiques du care ).
À partir de sa pratique, elle a élaboré et formalisé l'approche de la psychomotricité institutionnelle, une approche spécifique du travail psychomoteur au sein des institutions de la Protection de l'Enfance. Son travail dans ce champ spécifique est développé sur :
psychomotricite-institutionnelle.carrd.co et sur son site général :
psychomotricite.carrd.co
Formée en naturopathie (certificat de base 1) au Centre de Qualification Professionnelle de Liège par L. Paternostre, elle a approfondi une approche globale du vivant attentive aux équilibres physiologiques, aux rythmes naturels et aux interactions entre corps, environnement et modes de vie.Elle est actuellement en formation au Tui Na San Zi Jing, massage pédiatrique chinois issu de la médecine traditionnelle chinoise, auprès d'Amaël Ferrando ( École KENDREKA), disciple du professeur Bai Yunqiao à Pékin, à l'origine de cette méthode. Cette pratique vient enrichir sa lecture tonique et relationnelle du corps, et s’inscrit dans une conception dynamique du vivant traversé par les souffles, les cycles et les processus de transformation.À travers ces différents champs — psychomotricité clinique, travail institutionnel, naturopathie, Tui Na — elle développe une approche du soin centrée sur la continuité corporelle, la capacité d’habiter son axe et la restauration d’une fluidité dans la relation à soi et au monde, inscrite dans une vision intégrative de la santé globale.

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